lundi, septembre 26, 2022
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Hommage à François Schotte : « Tout petit, j’étais déjà passionné par le rock »

Musique – François Schotte nous a quittés à l’âge de 68 ans le 15 mars dernier. En hommage, L’Hebdo 17 a décidé de republier l’entretien réalisé avec lui en septembre 2018.

Depuis sa plus tendre enfance, François Schotte s’est toujours passionné pour la musique et particulièrement pour le rock. Personnage atypique, ayant rencontré une multitude d’artistes de renom et à la culture musicale impressionnante, celui qui a fondé le Musée du rock à La Rochelle nous dévoile les épisodes les plus marquant de son parcours au gré de ses rencontres.

 

Comment vous êtes-vous intéressé à l’univers du rock ?
Tout petit, j’étais déjà passionné par le rock. J’avais 6-7 ans quand j’ai eu la chance d’aller voir Johnny Hallyday sur scène. J’ai accroché tout de suite. Par la suite, j’ai habité à Boulogne-sur-Mer. Ma mère travaillait dans une compagnie de car-ferry ce qui fait qu’on ne payait pas les billets pour aller en Angleterre. Peu à peu j’ai découvert tous les groupes anglais et je suis devenu complètement accro à cette musique. On recevait la télévision anglaise et toutes les semaines on suivait Top of the Pops, émission culte en Angleterre. On y découvrait les nouveautés.

Pourquoi le rock plus que d’autres influences musicales ?
Je faisais partie d’une famille où la musique n’était pas une religion mais presque. Mon grand-père était violoniste, ma grand-mère était professeur de piano. Nous étions dans une atmosphère musicale très variée mais c’est le rock qui m’a accroché. Le dimanche, il y avait des petits concerts en famille. Mon grand-père a voulu m’apprendre le violon, ma grand-mère le piano. Je ne voulais faire que de la guitare mais finalement comme je n’ai pas eu de cours, je n’ai rien appris alors que si je m’étais laissé faire, je saurais au moins jouer du piano.

« Je possède 40 000 disques soit près de 400 000 morceaux »

Quel est votre groupe préféré ?
Il y en a beaucoup mais celui qui m’a le plus influencé ce sont les Beatles. J’ai vécu toute l’époque de la naissance des Beatles et de l’importance qu’ils ont pris dans le monde de la musique. Cette promiscuité avec l’Angleterre faisait qu’à chaque fois qu’un disque des Beatles allait sortir, avec ma mère, on prenait le bateau et on allait l’acheter en Angleterre. J’ai tous leurs disques, dans leurs versions originales. Je n’en ai jamais raté un seul de 1962 jusqu’à la fin du groupe en 1970.

Quel est votre titre préféré ?
Je possède 40 000 disques soit près de 400 000 morceaux, alors lequel je préfère ? Je vais pencher pour un titre des Beatles : All you need is love. Pas tant pour la musique qui n’est pas trop originale, mais à cause du message, de tout ce que cela transporte. C’est un super message d’amour de paix. C’est ce que les Anglais appellent de la “feel good music”, de la musique qui fait qu’on se sent bien tout de suite quand on l’écoute.

Parmi les grandes pointures que vous avez rencontrées, quelle est celle qui vous a le plus marquée ?
Il y en a plusieurs. Je ne vais pas dire Paul McCartney pour ne pas rester dans les Beatles. J’en ai rencontré d’autres comme Robert Plant, le chanteur de Led Zeppelin. On s’imagine toujours qu’un gars qui fait du hard rock et du blues est un brut de décoffrage, alors que Robert Plant est tout l’inverse. C’est quelqu’un de très cultivé, qui s’intéresse à beaucoup de choses, qui a beaucoup voyagé, qui connaît plein de cultures différentes. Il a des racines musicales très profondes. C’est celui qui m’a le plus marqué par son intelligence, sa culture et sa simplicité.

Quel est le concert dont vous gardez le meilleur souvenir ?
Les deux premiers évènements auxquels j’ai participé sont le festival de Batz et la même année celui de l’île de Wight. C’étaient des rassemblements où il y avait plus de 500 000 personnes. En trois jours, se produisaient quelque 50 à 60 groupes avec une foule extraordinaire. À l’époque, j’avais 16 ans et se retrouver comme ça, mélangé avec autant de gens, discuter avec des tas de personnes différentes, c’était vraiment une sacrée expérience ! Le groupe qui m’a particulièrement interpellé à cette époque c’est le groupe Chicago Transit Authority que j’ai vu au festival de l’île de Wight et que j’ai revu quelque temps après à Paris.

Pourquoi celui-là ?
C’était ce qu’on appelait du jazz-rock, mélange de rock et de jazz avec cuivres et autres instruments. À l’époque, j’avais plus une culture rock et entendre un groupe qui jouait du jazz et du rock en même temps, ça m’avait semblé extraordinaire. C’était tellement varié, avec ces mélanges de styles dans une même musique, que j’avais pris un grand coup sur la tête. J’aime toujours ce groupe. Cinquante ans après, ce sont leurs albums que j’ai le plus écoutés dans ma vie. Je ne suis pas musicien mais je serais capable quasiment de les chanter du début à la fin.

“J’avais  fait de la radio dans ma jeunesse sur une radio pirate”

Quand vous est venue l’idée de créer un Musée du Rock à La Rochelle ?
Ce n’est pas venu de moi. J’ai toujours eu une grosse collection de disques. Lorsque je suis arrivé à La Rochelle, par manque de place dans la maison que j’avais achetée et ne sachant pas comment stocker mes disques, j’ai eu l’idée d’acheter un appartement dans le centre de La Rochelle, rue Gargoulleau, puis plus grand, au Gabut. J’ai ensuite rencontré par hasard dans une réunion la responsable de la culture à la mairie de La Rochelle, Géraldine Gillardeau. Elle m’a demandé pourquoi je ne faisais pas visiter ma collection. Elle m’a inscrit aux Journées du Patrimoine et à partir de là, ça a été un véritable succès. C’est comme ça que Le Musée du Rock a commencé en 2012.

Quels ont été les projets les plus marquants depuis sa création ?
J’aime bien mélanger les styles différents c’est-à-dire être en même temps musique, art graphique… J’ai donc à plusieurs reprises fait des projets qui associent un peu tout ça. Le premier que j’ai fait, c’est un projet consacré aux Beatles. Les Beatles avaient fait un concert sur le toit de leur bureau à Londres. Ils ont été arrêtés par la police parce que ça faisait trop de bruit. J’ai proposé à une vingtaine de musiciens de refaire ce concert à la Rochelle, avec la même interruption par un policier municipal de la ville. Ça a été un gros succès.

Vous êtes également animateur radio, depuis quand ?
J’avais déjà fait de la radio dans ma jeunesse sur une radio pirate qui était située en mer du Nord, Radio Nordzee International. De 16 à 19 ans, tous les étés, j’allais 2 à 3 mois sur le bateau et je présentais des émissions. Ensuite j’ai fait des émissions dans différentes radios françaises ou anglaises et également dans l’île de Ré (Soleil de Ré). Depuis trois ans j’anime deux émissions sur Radio Collège.

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