Un couple, son fils et une amie sont venus s'expliquer le 6 mars à la barre du tribunal judiciaire de La Rochelle. Tous sont plus ou moins connus de la justice. Notamment pour avoir été condamnés pour des activités de pêche illégale.
Les faits se sont étalés entre les mois de mai 2022 et mai 2024. À la fin de la période de prévention, les quatre prévenus ont fait l'objet d'une surveillance assidue de la part des gendarmes de la brigade nautique. "Il y a eu des surveillances visuelles, des prises de photographies et la pose de balises sur les véhicules", rappelle le tribunal. La combine était bien rodée. Un des quatre prévenus remontait de l'estran avec 200 palourdes, la quantité autorisée pour un pêcheur à pied amateur. Puis après avoir vérifié que la voie était libre, les trois autres pêcheurs remontaient à leur tour. Ils tiraient un bidon coupé en deux dans lequel chacun déposait la quantité de sa pêche.
107 kg de coquillages
Le jour de leur interpellation, "les braconniers", comme ils se qualifient eux-mêmes, remontaient un total de 107 kg de palourdes. Le père de famille rassemblait le produit de la pêche des quatre prévenus et allait le revendre à des professionnels du marché de Bourcefranc.
La procureur de la République, Sophie Debas, spécialiste des questions environnementales au parquet de La Rochelle, ne cache pas que des poursuites pourraient être engagées. "Mon entreprise a été liquidée et donc ma licence de pêcheur à pied aussi entre 2022 et 2024. Je n'ai aucun diplôme. Je n'avais pas d'autre solution que de retourner à la pêche", explique le père de famille. Sur la période de prévention retenue, ce dernier reconnaît avoir eu des revenus mensuels allant de 5.000 à 8.000 euros : "Je n'en déclarais que la moitié aux impôts. J'ai braconné. J'ai gagné beaucoup d'argent. La pêche était bonne." Le ministère public parle "d'un pillage de l'estran et de la ressource."
Des peines allant de six mois de prison ferme à quatre mois avec sursis sont requises, ainsi que des amendes de 4.000 à 10.000 euros et la confiscation de quatre véhicules déjà saisis. Les défenses plaident des amendes avec sursis. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 1er avril.
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