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Justice. Un détenu de St-Martin-de-Ré confond la détention et le room service

Actualités​. Un détenu de la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré (Charente-Maritime) était poursuivi pour avoir frappé au visage un surveillant pénitentiaire.

Justice. Un détenu de St-Martin-de-Ré confond la détention et le room service
Le prévenu a comparu par visioconférence devant le tribunal judiciaire de La Rochelle - © Archives L'Hebdo 17

C'est par visioconférence que Pierre, libérable en mai 2049, a été jugé lundi 3 mars par le tribunal judiciaire de La Rochelle. La justice lui reproche d'avoir frappé, le 1er octobre 2024, un surveillant d'un coup de poing au visage.

Le détenu est à l'isolement depuis deux ans, notamment pour avoir commis des violences aggravées sur un surveillant pénitentiaire en juin 2023 dans un autre établissement pénitentiaire. Ce qui lui a valu une peine de quatre années de prison. Pierre a également été condamné pour des violences sur un avocat. Mais sa plus lourde peine reste celle de 30 années de réclusion, prononcée par la cour d'assises du Val-de-Marne, pour un meurtre et une tentative de meurtre commis en 2019. Des faits de nature homophobe.

Le jour des faits, le surveillant ouvre la trappe de la porte de la cellule du prévenu à 8h15 pour aller faire du sport. "Avec les autres surveillants, ce n'était pas avant 9 heures. Moi, j'avais mis mon réveil à sonner à 8h30. Je lui ai demandé de patienter un petit quart d'heure. Mais il m'a parlé très désagréablement", explique Pierre.

"Ils m'ont privé de douche pendant deux mois"

"Ce n'était donc pas l'heure pour vous ?", se demande le tribunal. Le prévenu conteste les faits : "J'ai juste sorti la main par la trappe. Mais je n'ai pas porté de coup." Avant de revenir sur ses conditions de détention au quartier disciplinaire : "Ils m'ont privé de douche pendant deux mois." L'avocat de la partie civile rappelle que le prévenu a préféré garder le silence lors de sa mise en garde à vue par les gendarmes : "C'est une forme de défi vis-à-vis de l'institution. Il ne tolère aucune des règles de la détention." Le ministère public est agacé : "Il a le droit de choisir ses horaires de sport. Le prévenu confond détention et room service."

Une peine de neuf mois de détention est requise. La défense plaide la relaxe en revenant elle aussi sur les conditions de détention de son client depuis deux ans à l'isolement : "Il voulait juste prendre son café avant. Après autant de temps passé à l'isolement, une routine s'installe. Il prend ses habitudes. Mon client a toujours contesté les faits. Je plaide donc une relaxe." "On m'a privé de mes droits à prendre une douche", insiste Pierre. Celui-ci a écopé de neuf mois de prison de plus à purger.

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