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Apiculture : mortalités hivernales accablantes

Actualités​. Il y a seulement 25 ans, les mortalités hivernales de colonies d’abeilles étaient de l’ordre du 5 %. Depuis 1990, elles s’établissent annuellement à 30 % en moyenne.

Apiculture : mortalités hivernales accablantes
Mortalité record cet hiver.
[caption id="attachment_610" align="alignnone" width="630"]Mortalité record cet hiver. Mortalité record cet hiver.[/caption]

Il y a seulement 25 ans, les mortalités hivernales de colonies d’abeilles étaient de l’ordre du 5 %. Depuis 1990, elles s’établissent annuellement à 30 % en moyenne.

Pour Christian Goraudet, président du syndicat apicole départemental de Charente-Maritime, a un tel niveau, les pertes de cheptels ne peuvent plus être compensées par les élevages que les apiculteurs mettent en œuvre pour tenter de reconstituer leur potentiel productif. A l’issue de cet hiver 2014-2015, « tous les records sont battus, les pourcentages de mortalités atteignent 50, 80 %, voire 100 % dans certains ruchers », précise-t-il. Il ajoute : « Lorsque l’on parle de mortalités, on peut s’attendre à trouver des cadavres, mais en l’occurrence il n’y en a pratiquement pas sur le fond des ruches. Des 10 000 à 15 000 abeilles présentes fin août, destinées à passer l’hiver, il n’en reste plus en ce printemps qu’une centaine, mortes, les autres ont disparu ».

Christian Giraudet et ses confrères ne peuvent que s’interroger : Qu’a-t-il bien pu survenir ? En éliminant ce qui n’a pas occasionné l’hécatombe, les professionnels constatent que les colonies mortes sont bien pourvues de provisions en miel et pollen ce qui exclut les conséquences d’une famine. Nombre de ruchées ont été l’objet de visite sanitaires par des agents spécialisés qui n’ont trouvé aucune trace de maladies, ni aucune pression particulière de l’acarien varroa destructor (que ces ruchées aient reçu des traitements ou non contre ledit prédateur). La climatologie hivernale n’a rien eu d’exceptionnel qui aurait pu entraîner des mortalités particulières. Les essaims étaient correctement logés dans des ruches bien protégées.

« Mais alors, d’où vient cette hécatombe qui entraînera la cessation d’activité d’un bon nombre d’apiculteurs ? », s’interroge encore le président. Certains ont évoqué que cela pourrait venir de certaines races d’abeilles qui, selon eux, provenant d’horizons parfois lointains, ne seraient pas adaptées à notre milieu : « L’analyse des prélèvements est sans équivoque, la plupart des abeilles mortes sont de la race apis mellifera mellifera, appelée communément “abeille noire“ et qui correspond à celle inféodée à nos régions ».

Devant ce phénomène qui s’intensifie d’année en année, des questions se posent au syndicat apicole départemental 17 : « Savoir comment en deux décennies les lieux où ces abeilles sont installées depuis 60 millions d’années leur sont devenus soudainement hostiles, qu’est-ce qui a changé, peut-on y remédier, n’est-ce pas un signal fort d’avertissement pour l’homme ? Il y a peu c’était les huîtres qui étaient frappées d’un mal mystérieux, puis en 2014 venait le tour des moules réputées pourtant résistantes. Malgré la différence des milieux de vie et des êtres, tout cela aurait-il un lien ? » Alors que faire aujourd’hui : « Dans l’immédiat, notre groupement ne saurait que conseiller aux apiculteurs qui constatent ces mortalités d’en informer par courrier ou courriel la Direction départementale protection population, avenue de Fétilly à La Rochelle et aussi leur groupement par le site Internet “syndicapicole17” ».

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