Chaniers : il fabrique des bouteilles en plastique végétal

Publié le 30 décembre 2017 | Chez nous | Saint-Jean-d'Angély et alentours

Nicolas Moufflet  » Ces bouteilles 100% végétales sont également une alternative au verre sans ses inconvénients »

Nicolas Moufflet a mis au point un procédé unique au monde à base de déchets végétaux. Rencontre.

Le patron de l’entreprise Lyspackaging ne serait-il pas l’ingénieux inventeur de la réduction radicale des plastiques dans l’environnement ?

Toujours est-il que les 2 millions de bouteilles commercialisées et produites à Chaniers, sont conçues sans aucune goutte de pétrole. « Et malgré cela elles sont plus taxées que les emballages pétrochimiques » commente un brin rageur l’industriel chagnolais.

En cause, une norme établit par un consortium qui introduit entre autres la notion de durée : fixée à 6 mois maximum, les bouteilles 100 % végétales prennent elles un mois de plus pour disparaître. Et des freins comme celui-là le quadragénaire doit en affronter plus d’un. « Je ne peux pas dire que mes bouteilles sont biodégradables et compostables. Mais je peux dire qu’elles sont fabriquées avec des matériaux biodégradables et compostables » ironise encore Nicolas Moufflet.

Alors justement ces bouteilles végétales, de quoi sont-elles issues ? Tout simplement de la bagasse, un déchet de la canne à sucre. La recette est en partie tenue secrète par l’industriel. « Je transforme la matière en granulé additionné d’un autre produit dont je ne vous dirai rien » s’amuse Nicolas Moufflet. Au final, ces granulés donneront une préforme : un flacon en forme d’éprouvette munie d’un système de bouchage.

100 % végétal
Passée dans une machine de son atelier, la préforme devient en bout de chaîne une bouteille. D’aspect transparent, le flacon peut aussi être en couleur.  » Avec des déchets de cacao, ou de noyaux d’olive ou encore de coquilles d’huîtres, elles sont colorées et pigmentées » détaille l’industriel. Pas satisfaisant selon lui, pour obtenir des débouchés par exemple sur le marché de la cosmétique. C’est pourquoi il développe une autre formule à partir de plantes. Là encore le plus grand secret entoure le processus de fabrication.

Et des idées comme celles-ci Nicolas Moufflet en a plein la tête. À tel point qu’il conseille les fabricants d’emballages de toute la planète.  » L’alternative offerte par l’utilisation des déchets végétaux est intéressante. Elle peut offrir aux consommateurs par exemple des pots de chocolat faits à partir de déchets du cacao. Une bouteille de vin blanc à partir de coquilles d’huîtres » énumère le jeune chimiste vert.

« Faire quelque chose pour Saintes »
Pour autant, il réfute l’image d’écolo. « Non je ne suis pas écologiste. Mon savoir-faire apporte un truc en plus. Trouver des choses pour éviter de retrouver plus de 6 milliards de tonnes de plastique dans la nature comme c’est le cas aujourd’hui, ça me plaît » confesse Nicolas Moufflet.

La prochaine étape de l’industriel est tout aussi honorable. Il souhaite voir émerger à Saintes un pôle de fabricants de solutions bio sourcée, en lieu et place des ex-bâtiments de la caisse locale du Crédit Agricole délocalisée à Lagord. « Il faut faire quelque chose pour Saintes » affirme l’industriel. Et si l’avenir de la cité saintaise venait des start-up vertes ?