Charron : désabusé, il rend sa médaille

Publié le 5 mars 2015 | Week-end

Jean-François Raymond : « J’aurais préféré avoir une digue ».

Jean-François Raymond : « J’aurais préféré avoir une digue ».

Jean-François Raymond s’est rendu jeudi 26  février à la préfecture de la Charente-Maritime afin de redonner sa médaille de bronze reçue pour acte de courage et de dévouement.

« Mon sentiment de fierté à disparu. Au lieu d’une médaille, j’aurai préféré avoir une digue, même une petite ». Pas de sentiment de colère dans la prise de décision de Jean-François Raymond. Juste du calme et de la sérénité pour ce mytiliculteur qui dit avoir « mûrement réfléchi ».

« À Charron, nous sommes abandonnés »
Lors du passage de la tempête Xynthia dans la nuit du 27 au 28  février 2010, Jean-François Raymond avait contribué au sauvetage de plusieurs riverains de la rue de La Rochelle : « Je suis sorti à 5  heures du matin et la mer était là. Des gens qui avaient de l’eau jusqu’à la taille appelaient au secours. Je suis allé les chercher ».

Quelques mois plus tard, le 10  septembre, Jean-François Raymond recevait à la préfecture, ainsi que neuf autres Charronnais, la médaille de bronze pour acte de courage et de dévouement.
Aujourd’hui, il semble en être revenu et la “breloque” a un goût amer : « J’étais content d’aller chercher cette médaille. Pour une fois qu’on allait à la préfecture pour ne pas se faire engueuler ».

Au travers de la symbolique du geste, il veut envoyer un message qu’il estime fort aux services de l’Etat : « On ne peut que constater qu’à Charron, nous sommes abandonnés ». Mises en avant, l’hétérogénéité de la protection sur le plan géographique du village : si la partie ouest n’a plus rien à craindre, grâce à l’édification en urgence d’une digue au lendemain de la tempête, la protection de la partie nord apparaît, elle, comme un vieux serpent de mer qui revient régulièrement à la surface.

Bien que validée dans le programme d’actions de prévention contre les inondations (PAPI) Nord Aunis, l’éventuelle réhabilitation de la digue nord est maintenant soumise à des études complémentaires, d’impacts sur la commune de Marans.
Pointé également du doigt, le désengagement de l’Etat selon Jean-François Raymond : « C’est trop facile d’envoyer un fax au maire pour l’avertir du danger ».

« Avant tout, des digues »
Et de conclure sur le sujet, pour celui qui malgré tout laisse au final éclater sa colère : « Notre protection, ce n’est pas uniquement qu’un plan communal de sauvegarde (PCS) sous la seule responsabilité du maire, mais avant tout, des digues. Et là, c’est l’Etat qui est responsable ! ».



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