Cinéma : tournage à Saint-Jean-d’Angély

Publié le 15 juillet 2016 | Week-end

Anna Mouglalis interprète Niki de Saint-Phalle avec l’abbaye royale pour décor…

Anna Mouglalis interprète Niki de Saint-Phalle avec l’abbaye royale pour décor…

L’abbaye royale sert d’écrin au tournage du film moyen-métrage “1971 motorcycle heart”. Un film de Stéphanie Varéla avec Anna Mouglalis, Hugo Becker et Bernard Blancan.

Deux gros camions ont pris place dans la cour de l’abbaye royale de Saint-Jean-d’Angély. Deux gros camions remplis de matériels cinématographique. L’abbaye elle-même fourmille de techniciens, oreillettes branchées, qui courent dans tous les sens. En maître de maison avisé, Cyril Chappet, premier adjoint chargé de la culture, accueille tout ce qui compte d’important sur le plateau. « Ce tournage* est un moyen comme un autre de faire connaître l’abbaye royale et de promouvoir la ville de Saint-Jean-d’Angély, c’est cela qui est important », dit-il mezzo-voce.

Il faut patienter, Anna Mouglalis, est en train de se changer. C’est comme ça sur un plateau de tournage, on attend beaucoup. Puis elle apparaît. Un joli bibi rouge et vêtue d’un ensemble noir. Un sourire radieux et des paupières charbonneuses pour mieux souligner l’étonnante lumière ambrée de ses yeux.

L’attachée de presse avait posé les conditions : pas plus de dix minutes d’interview avec Mademoiselle Mouglalis ! Heureusement la belle est bavarde et semblait décontractée et très à l’aise.

« Si on ne m’arrête pas, vous savez, je suis capable de causer pendant des heures » et elle poursuit avenante : « vous n’allez pas rester debout quand même, attendez je reviens… ». Elle réapparaît portant deux chaises pour les journalistes ; courtoise et bien élevée. Là où d’autres auraient fait demander qu’on leur apporte des chaises ou se seraient souciés comme d’une guigne du confort de leur interlocuteur. C’est bon signe ! Anna Mouglalis vous fixe dans les yeux avec douceur. Son regard est doré. Moteur !

Quelle est l’origine de l’idée du film : “1971 motorcycle heart” ?
C’est une rêverie inspirée en partie d’une œuvre de Niki de Saint-Phalle. C’est une question à laquelle Stéphanie Varéla – la réalisatrice – répondrait mieux que moi. Mais la connaissant, je sais qu’elle aime les voyages entre la réalité et la fiction.

Pouvez-vous nous parler du synopsis ?
C’est l’histoire du champion de moto Christian Ravel, incarné par Hugo Becker qui tombe en panne devant le domicile de Niki de Saint-Phalle. Dans ce film, il y a deux être totalement différents, que tout oppose, c’est un peu le mariage de la carpe et du lapin non ? Le travail de Stéphanie Varéla consiste à faire ce qui est difficile et sombre ; elle aime le danger. Le personnage est intéressant ; cette artiste féministe et aristocrate, je trouve qu’elle a du souffle. Je n’ai pas eu trop de difficulté à me glisser dans sa peau. Et puis le rôle du motard tenu par Hugo Becker lui va bien, il est solaire. Enfin, le scénario est précis, bien calibré.

Est-ce que le jeu d’acteur diffère lorsque l’on tourne un moyen-métrage ou lorsque l’on tourne un film ?
L’expérience que l’on a ne doit pas endormir le désir de faire autre chose ; le court et moyen-métrage, c’est du cinéma très précis.

Quels sont vos projets ?
D’abord la série “Baron noir” (Ndlr, sur Canal +) se poursuit et cela demande un travail intense. Je tourne ensuite prochainement dans la région, en Limousin, un autre moyen-métrage : “Bijou, Bijou”, sur le thème de la chanson de Bashung. Puis, je jouerai “La Mouette” de Tchekhov au théâtre le Quartz à Brest dans une mise en scène de Benjamin Porée. Un film aussi, “Le désert”, qui se tournera en Californie.

Vous dit-on souvent que votre voix et votre allure font penser à Delphine Seirig ?
(Elle éclate de rire). On me l’a déjà dit, je le prends comme un compliment, c’était une grande actrice…

Les dix minutes sont écoulées depuis très longtemps. Il est vrai que la belle voix rauque et envoûtante invite à la conversation. Anna Mouglalis se lève avec grâce pour la séance photo et bien que chaussée de hauts talons aiguilles imposés par le rôle, elle marche naturellement sur les pavés de l’abbaye royale. Comme un instant de charme et de beauté.

*L’abbaye royale sert de lieu de tournage au film moyen-métrage “1971 motorcycle heart” de Stéphanie Varéla avec Anna Mouglalis (“Merci pour le chocolat”, “Jalousie”, “Les amants du Flore)”, Hugo Becker (“Toutes les filles pleurent”, “Au service de la France”), Bernard Blancan (“Indigènes”, “Un village français”) ; le chef décorateur est Laurent Lecorre.



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