Défense littorale : l’État veut laisser la main aux élus locaux

Publié le 14 août 2017 | Chez nous | La Rochelle et alentours

Le secrétaire d’État Sébastien Lecornu a découvert la protection littorale des Boucholeurs le 4 août.

Sébastien Lecornu aux Boucholeurs (au centre)

Dans les mois qui ont suivi Xynthia, la tempête survenue dans la nuit du 27 au 28 février 2010, les élus locaux charentais-maritimes avaient dénoncé des décisions extrêmes venues de Paris, déconnectées du terrain. Sept ans plus tard Sébastien Lecornu, le secrétaire d’État auprès du ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, a prôné l’inverse.

Sur le chantier de protection littorale des Boucholeurs, où deux personnes se sont noyées lors de la tempête et dont le classement en zone noire promettait la disparition, le secrétaire d’État a justifié sa venue : “Je suis là pour comprendre et voir le boulot qui a été fait par les élus locaux. Les Charentais-Maritime doivent prendre conscience de la bonne intelligence de travail de leurs élus, quelle que soit leur couleur politique.”

Une position appréciée par la cohorte d’élus l’entourant : députée (Frédérique Tuffnell, Rochefort), sénatrice (Corinne Imbert) maires (Hervé Blanché, Rochefort ; Didier Roblin, Yves ; Alain Burnet, Aix ; Sylvie Marcilly, Fouras), vice-présidents du Conseil départemental (Lionel Quillet), adjoints au maire de Châtelaillon (Stéphane Villain notamment), etc.

“Un maire de 700 habitants doit construire une digue de deux millions d’euros”

En rappelant tout ce qui a été entrepris depuis – “La Charente-Maritime, premier chantier de France en termes de défense littorale, 150 millions € d’investissements, constructions de brises-lames, digues, enrochements…” – Lionel Quillet s’est inquiété des conséquences de la loi de Modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (MAPTAM) et de son volet Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations), qui transfère la responsabilité des ouvrages de protection aux communes et aux intercommunalités. “Il reste à réaliser les 10 plus gros chantiers pour 50 millions €. Le Département voudrait conserver la maîtrise d’ouvrage par amendement, pour garder le financement et la conduite des travaux. Dans le sud, un maire de 700 habitants doit construire une digue de deux millions d’euros. Il ne peut pas”, a-t-il plaidé.

“Avis favorable”

Alain Burnet l’a appuyé. “L’île d’Aix est la plus petite commune de Charente-Maritime. Sans le Département, on ne faisait rien. “ Le secrétaire d’État, ancien maire et président du Conseil départemental de l’Eure les a rassurés. “Ici, les réalisations sont bluffantes. Les élus locaux ne se sont pas défilés. La loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) et la loi MAPTAM ont tout renforcé sauf le Département. L’intelligence locale n’a pas été respectée par des décisions trop rapides. Le président de la République a dit qu’il fallait changer de logique. On arrête d’être Jacobins pour être Girondins. Quand un échelon sait faire, il faut le laisser faire. Le gouvernement émettra un avis favorable pour amender la Gemapi ou la loi NOTRe.”



Laissez un commentaire

Vous devez etre connecté pour laisser un commentaire.