Marans : « Borderline mais pas hors-la-loi »

Publié le 12 septembre 2016 | Chez nous | Marans - Courçon et alentours

Thierry Belhadj (à droite), le responsable des services techniques communaux et le chef de l’entreprise a qui a été confié le chantier sont venus constater la brèche.

Thierry Belhadj (à droite), le responsable des services techniques communaux et le chef de l’entreprise a qui a été confié le chantier sont venus constater la brèche.

A Marans, le maire Thierry Belhadj vient d’engager des travaux pour la consolidation d’une digue sur sa commune. Une opération qui se fera sans le concours des services de l’Etat.

Les digues dans le nord de l’Aunis c’est une vieille chimère suite au passage de la tempête Xynthia. Depuis plus de six ans maintenant on parle de programme d’actions de prévention des inondations (PAPI), ou bien encore de plans de prévention des risques littoraux (PPRL). De véritables usines à gaz, qui, au fil des études, n’avancent pas forcément à la vitesse de la lumière.

Et puis il y a le sentiment d’urgence, qui, à l’approche des grandes marées, revient sur le tapis et se fait grandissant. « Le dimanche 20 août j’étais sur la digue de la Renaissance dans le marais Labbé. Il y avait une marée d’un coefficient de 102. L’eau s’engouffrait à une vitesse impressionnante dans la brèche. Le pire c’est que l’eau saumâtre de ce bras de Sèvre, vient se mélanger dans l’eau douce du canal de Vix. Cela n’est pas bon pour le milieu halieutique. Et je ne vous parle même pas des prairies inondées », explique Thierry Belhadj, le maire de Marans.

L’Etat ne mettra pas un sou dans la digue
Interpellé par courrier sur le sujet, le secrétaire général de la préfecture de la Charente-Maritime, Michel Tournaire, écrit : « Le projet d’avenant PAPI, dont l’instruction a été ajournée par les porteurs de PAPI, pour vérification d’hypothèses techniques, n’a pas identifié cette levée dans le système de protection collectif ». En clair, l’Etat ne mettra pas un sou dans les travaux de la digue de la Renaissance. Malgré tout, le sujet apparaît comme brûlant surtout à l’approche des marées d’équinoxe. À la mi-septembre, les coefficients dépasseront les 110. « Il fallait réagir ! », insiste Thierry Belhadj. L’édile a donc décidé d’y aller seul, dans un dossier qui n’est pas sans rappeler celui de la baisse de la fiscalité locale, qui l’oppose au préfet du département Eric Jalon depuis plusieurs mois. Des travaux de colmatage de la brèche longue d’une quinzaine de mètres viennent de débuter. Ils seront réalisés par une entreprise locale et devraient durer une semaine, pour un montant estimé à 10 000 €. « Ce n’est pas un passage en force. Je suis borderline mais pas hors la loi. Je protège ma population. Si ça casse ça coûtera plus cher à l’Etat. Ma responsabilité est de protéger l’argent public, les populations et les biens. Je fais mon job de maire en prenant mes responsabilités », dit l’édile de Marans.

Mardi 6 septembre avant le début du chantier, Thierry Belhadj est tombé d’accord avec le propriétaire de l’ouvrage, Lionel Fetiveau. Ce dernier a accepté de céder sa digue à la commune de Marans pour un euro symbolique. Elle devrait par la suite être rétrocédée pour la même somme au Syndicat du marais Labbé et à celui mixte Vendée, Sèvre Autizes. « Nous nous sommes rencontrés et avons établi un accord de principe. À l’issue du chantier, nous nous reverrons pour la répartition entre nous du montant des travaux engagés. Il fallait réagir », conclut le maire de Marans.



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