Echillais : l’incinérateur enflamme toujours les débats

Publié le 23 juillet 2015 | Chez nous | Rochefort et alentours

Déjà en mars dernier, Xavier Boulard avait prévenu des dangers liés aux normes parasismiques.

Déjà en mars dernier, Xavier Boulard avait prévenu des dangers liés aux normes parasismiques.

Selon les opposants au projet d’incinérateur, toutes les usines en France ne seraient pas construites avec des normes parasismiques.

Au cours d’une conférence de presse organisée le 9 juillet dernier, les opposants ont révélé une affaire pour le moins sensible pour les incinérateurs en France. Depuis le mois d’avril, les opposants au projet d’incinérateur questionnent le ministère de l’Écologie sur le volet antisismique du futur centre multifilières d’Échillais, dont ils jugent les normes non respectées. Et après quelques mois sans réponse, ils ont fini par en obtenir une pas vraiment rassurante. « Ils ont fini par nous avouer qu’ils s’interrogeaient sur la manière dont les incinérateurs déjà construits en France l’ont été par rapport aux règles parasismiques », révèle Xavier Boulard, porte-parole de l’association d’opposants Pays Rochefortais Alert’.

Xavier Boulard indique en effet que le ministère se serait penché sur le cas de l’incinérateur de Clermont-Ferrand, construit en zone sismique 3 (comme Échillais). Un cas que l’opposant a rapidement écarté pour un autre plus dangereux. « L’incinérateur de Martinique, à Fort-de-France, est sur un site classé en zone sismique 5, poursuit-il. Le dernier séisme a fait 3 200 morts, et on attend des séismes très violents ». Et quand on sait que la Martinique se situe non loin de l’île d’Haïti, dont le séisme de 2010 a été destructeur, les enjeux paraissent énormes.

Pas Seveso, pas antisismique ?
Pour en revenir à l’incinérateur d’Échillais, les opposants se demandent si le projet « n’est que la partie émergée du scandale qui pourrait sortir ». D’autant plus que d’autres séismes, plus proches, ont été destructeurs : les opposants citent l’exemple de Lorca, en Espagne, dont le séisme en 2011 avait fait 9 morts.

C’est pourquoi les opposants réclament aujourd’hui des réponses aux élus et au ministère. Le Coderst, la commission ayant validé le projet de centre multifilières l’an dernier, indique en effet que « cette installation n’est pas classée Seveso ». « Au vu des dispositions réglementaires nationales actuellement en vigueur, l’application des normes sismiques n’est pas obligatoire pour ce type d’installation », précise le document. Ce qui fait bondir Xavier Boulard : « On n’est pas d’accords : le four et la passerelle, qui reçoit des visiteurs, doivent pouvoir résister ».

Ces arguments viennent donc s’ajouter à la longue liste de critiques formulées par les opposants sur le volet sismique. Il y a quelques mois, ils avaient soulevé le problème de la nature du terrain, trop instable pour pouvoir résister efficacement à un séisme, en plus du classement de l’usine « comme un hangar à foin ». De son côté, le SIL, porteur du projet, a toujours assuré que le projet respectait les normes antisismiques en vigueur. C’est ce que le recours déposé au tribunal devra trancher.



2 commentaires pour “Echillais : l’incinérateur enflamme toujours les débats”

  1. Les opposants à ce projet d’incinérateur d’Echillais devront-ils, comme le font actuellement les agriculteurs, bloquer des routes pour obtenir une réponse du ministère de l’écologie de Mme Ségolène Royal ?

  2. Une erreur ?

    Ou une carabistouille ?

    suite à l’article de julien Bonnet le 17 09 2015 concernant l’interview de M Vincent Barraud du SIL
    au sujet du projet d’incinérateur

    Là, franchement, Monsieur Vincent Barraud ne manque pas d’air ! il utilise la seconde conclusion du bureau Véritas qui classe en catégorie 2, l’ensemble de l’usine d’Echillais, pour justifier le respect des normes parasismiques, alors que cette seconde conclusion contredit la première, qu’il avait réalisé en 2013, qui validait l’ensemble de l’usine en catégorie 1, sauf le bâtiment administratif et le poste de commande en catégorie 2.
    Cette seconde expertise était demandée pour clarification par le ministère de l’Ecologie, via la préfète et avec l’aide d’un bureau de vérification indépendant ( en principe autre que Véritas qui était le bureau initialement retenu)
    Monsieur Vincent Barraud ne dit pas la vérité, certainement qu’il sent planer, au-dessus de sa tète, une épée de Damoclès comme pouvait si bien le dire Guy Béart.
    Il ne pourra pas nier la réalité des documents contenus dans le permis de construire et dans l’autorisation d’exploiter déposés en 2013
    Depuis quand peut-on modifier les éléments d’un permis de construire et d’une autorisation préfectorale d’exploiter sans repasser par le circuit normal des procédures obligatoires?
    Je n’en veux pour preuve que l’expérience vécue à cause d’une petite modification qui m’a value l’obligation de re déposer un permis de construire comme si le premier n’avait pas existé..
    La contradiction des documents émis par le bureau Véritas est manifeste et entache le permis de construire de nullité!

    cordialement à vous

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