Emploi : des postes vacants par centaines

Publié le 3 décembre 2016 | Actualité | Le choix de L'HEBDO

La peinture industrielle implique une formation spécialisée, mais il y a des postes à pourvoir

La peinture industrielle implique une formation spécialisée, mais il y a des postes à pourvoir

Ils sont 33 000 chômeurs* en Charente-Maritime tandis que 10 000 offres d’emploi restent à pourvoir. Explications…

Selon l’Observatoire de l’emploi de Nouvelle-Aquitaine, la Charente-Maritime affiche le deuxième plus gros volume d’intentions d’embauches de la région.

En 2016, 22 493 projets de recrutement ont été formés en Charente-Maritime. Un nombre en baisse de 285 projets par rapport à 2015 mais les secteurs de l’agriculture (+ 572 projets) et du commerce (+ 485 projets) sont, eux, orientés à la hausse. Le taux d’établissements recruteurs (23,4 %) demeure l’un des plus importants de la région malgré une légère baisse sur un an. Et pourtant des centaines de ces offres ne seront pas pourvues. Selon les professionnels, la formation serait en cause.

« Il existe des entreprises qui se développent mais qui demandent de plus en plus de technicité. Or les chômeurs ont souvent des compétences insuffisantes, souffle Élisabeth Chalmet, secrétaire générale de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) de Charente-Maritime. En plus les jeunes ont une mauvaise image de l’industrie – le discours médiatique n’aide pas – et ils manquent de mobilité, parce qu’ils n’ont pas le permis de conduire ».

Manque de filières
À Rochefort, STTS, sous-traitante de Stélia, connaît le problème. Elle a recruté 40 personnes au cours de son exercice 2015-2016 et en recherche 30 pour le prochain. Mais « Il n’existe aucune formation de peintre industriel pour l’aéronautique ici. La plus proche est à Niort, indique le directeur, Wilfried Raffeneau. Alors les agences d’intérim font une première sélection puis nous assurons une formation sur place via un système de tutorat. »

Denis Fourrier, qui dirige Sereniseat et fabrique des éléments de fauteuils d’avions, s’est lui « rapproché du lycée professionnel Gilles-Jamain de Rochefort pour créer une filière sellerie qui devrait ouvrir bientôt ». Une solution dont rêve Stéphanie Leclerre, de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie de Charente-Maritime.

Niveau de rémunération
« Quand Pôle emploi lance des formations, elle a peu de candidats, comme l’AFPA de Rochefort. On ne parvient pas à attirer les jeunes qui ont raté le bac. »

Mais la question de la formation n’explique pas tout pour Philippe Binaud, chargé de mission au sein de la direction territoriale de Pôle emploi en Charente-Maritime. « Quel temps a un patron de TPE/PME à consacrer à la formation ? » interroge-t-il, tout en pointant le niveau de rémunération. « Les salaires sont bas en Charente-Maritime. Or on est sur un marché du travail, avec une offre et une demande. Quand c’est loin et payé pas cher, les gens ne veulent pas y aller. » Et bien souvent, ces offres-là se retrouvent en concurrence avec les prestations sociales.

* de catégorie A



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