Feuilleton de l’été : histoire de la Corderie Royale

Publié le 6 août 2015 | Week-end

Episode 4 : Le déclin avant l’embellie

La Corderie Royale ouvre donc ses portes en 1669 et produit des cordages pour la Marine française. L’activité va finir par décliner, aboutissant même à la destruction du bâtiment près de 300 ans plus tard.

La Corderie Royale en ruines après le départ des troupes allemandes. Sur la photo, les travaux de déblaiement ont déjà commencé.

La Corderie Royale en ruines après le départ des troupes allemandes. Sur la photo, les travaux de déblaiement ont déjà commencé.

Pendant deux siècles, la Corderie Royale va produire des cordages pour les navires français. La Corderie atteint même son apogée au XVIIIe siècle, une période de combats en Europe et au-delà, aux États-Unis en train de naître.

La position si stratégique de Rochefort va pourtant mener l’Arsenal à sa perte. En effet, la Charente ne peut pas accueillir les navires de plus en plus gros de la Marine, ce qui va forcer l’État à délaisser Rochefort au profit de Brest et Toulon. La ville va pourtant rester un laboratoire d’études pour l’amélioration de la navigation et des navires, notamment au XIXe siècle avec la mécanisation et la motorisation de la production.

Ces révolutions ne suffisent pas, et en 1867, l’État décide de fermer la Corderie Royale. Va alors commencer une longue période d’errance pour le site, qui sera reconverti en zone de stockage et en entrepôts. Le bâtiment sera même coupé en deux pour laisser passer une ligne de chemin de fer dans sa partie Nord. Cette histoire, oubliée par les Rochefortais, va pourtant prendre fin en 1927. L’Arsenal est alors définitivement fermé.

C’est la Seconde Guerre mondiale qui va remettre le site en avant, malheureusement pour des actes dramatiques. La Corderie, laissée à l’abandon, est alors occupée par les troupes allemandes. Puis, les Alliés gagnent du terrain à la fin de la guerre, forçant les nazis à quitter Rochefort. Ceux-ci auraient alors piégé l’Arsenal et incendié la Corderie, peut-être pour détruire des éléments restés sur place. Rien n’est certain, mais en l’absence de sources contradictoires, l’histoire retiendra cette version. On se retrouve alors en 1945 avec une Corderie dévastée, une ruine qui est abandonnée et qui sombre peu à peu dans l’oubli et la végétation.

Jusqu’à l’arrivée de l’amiral Maurice Dupont dans les années 1960.



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