samedi, juillet 2, 2022
ActualitésA ne pas manquerHandisport : une fabrique de champions pas comme les autres

Handisport : une fabrique de champions pas comme les autres

Handisport – L’Académie Philippe Croizon forme des jeunes en situation de handicap à la natation de haut niveau. Au-delà des rêves olympiques qu’elle entretient, elle est aussi un lieu d’apprentissage qui mêle rigueur et épanouissement personnel.

“Pour moi Théo Curin est un modèle de réussite, je m’identifie vachement à lui”, explique Paul, 17 ans, pensionnaire de l’Académie Philippe Croizon à Vichy. Comme son modèle, le nageur devenu acteur, le jeune Manceau a décidé de rejoindre la structure fondée en 2019 par le célèbre athlète quadri-amputé, récemment installé à Angoulins-sur-Mer. C’est à ce titre qu’une partie des jeunes de son académie participait à un stage d’une semaine à la piscine Lucien-Maylin de La Rochelle du 24 au 30 avril.

L’Académie Philippe Croizon est née dans le prolongement du Pôle France Jeune Handinatation auparavant basé dans la cité thermale et qui a depuis été transféré à Bordeaux.

Son objectif ? “Viser à l’épanouissement personnel de chacun de nos jeunes”, confie Fabien Maltrait, l’entraîneur. Un épanouissement qui se traduit tant sur le plan sportif que sur le plan scolaire ou professionnel.

Fabien Maltrait est l’entraîneur principal de l’académie (© A.L.)

L’idée est d’avoir de vrais citoyens, des personnes les plus épanouies possibles. Oui, ils sont en situation de handicap, c’est comme ça, mais ils sont capables de faire énormément de choses”« , ajoute le coach.

La natation de haut niveau est l’axe majeur de ce centre de formation. Un sport qui sert de support à tous les autres accompagnements. “Ça les tire vers le haut”, assure Fabien. Dans ce sport étude spécialement dédié aux non-valides, les nageurs sont accompagnés sur des cycles scolaires longs (collège, lycée, post-Bac).

Il faut environ sept ans pour former un athlète de haut niveau, estime le technicien qui s’appuie sur son expérience : “Pour Théo, on a mis cinq ans avant de faire les Jeux (de Rio en 2016, N.D.L.R.).” Même si une majorité de ces jeunes est originaire de la région Rhône-Alpes, certains viennent de beaucoup plus loin. Le centre est ouvert aux nageurs de toute la France.

“Je voulais continuer
à progresser”

Pour y entrer, les adolescents doivent postuler avec une lettre de motivation. Car de la motivation, il en faut pour oser, parfois jeune, quitter sa région et sa famille. “Ce n’était pas facile, mais on était quatre à entrer en même temps donc on s’est fondu dans la masse tous ensemble, commente Paul, atteint d’infirmité motrice cérébrale depuis la naissance, qui a entamé sa troisième année au sein de l’académie.

La natation nous relie”

Une expérience vécue différemment par la jeune Natasha, déficiente visuelle de 14 ans, la benjamine de l’équipe arrivée il y a quelques mois : “La natation nous relie. J’ai deux ans d’écart avec les autres, donc on n’a pas les mêmes centres d’intérêt, les mêmes discussions.

L’Académie Philippe Croizon s’est entraînée à La Rochelle lors d’un stage d’une semaine pendant les vacances de printemps (© Académie P.C.)

Comme l’ensemble des postulants, la jeune lyonnaise a participé à une semaine de stage en immersion avec l’ensemble des élèves. De quoi s’intégrer pleinement à la structure dont la philosophie est d’accompagner ses académiciens vers les sommets. Un chemin parfois tortueux et semé d’embûches. C’est ce qu’ont pu connaître Paul et Natasha.

Le premier peinait à se faire une place dans son club de la Sarthe : “Au Mans, il n’y avait pas de structures qui lui permettaient de faire de la natation”, indique Corinne, sa maman. À tel point qu’il était contraint de s’entraîner avec les ados loisirs : “Les enfants jouaient dans l’eau pendant que lui essayait de nager. C’était un peu galère, il avait aussi de la kiné trois fois par semaine.” La voie vers Vichy était tracée.

Natasha, elle, s’est retrouvée du jour au lendemain sans personne pour la coacher : “Je nageais à Lyon mais mon entraîneur est parti à la retraite. Je voulais continuer à progresser et à vraiment m’entraîner.

[…] Retrouvez l’intégralité de ce dossier de la rédaction dans l’édition de L’Hebdo de Charente-Maritime du jeudi 12 mai.

Articles populaire

À la une

Rester Connecter

7,611FansJ'aime
3,010SuiveursSuivre

Abonnez vous

AccueilActualitésA ne pas manquerHandisport : une fabrique de champions pas comme les autres
ARTICLES LIÉES