Ile de Ré : 4 blockhaus vont être recyclés

Publié le 10 octobre 2016 | Actualité | La semaine

Il faudra quinze jours de travail pour détruire chacun des autres blockhaus de la plage de la conche des baleines, à Saint-Clément-des-Baleines.

Il faudra quinze jours de travail pour détruire chacun des autres blockhaus de la plage de la conche des baleines, à Saint-Clément-des-Baleines.

La destruction de quatre blockhaus a commencé la semaine dernière à Saint-Clément-des-Baleines, sur l’île de Ré. Le béton servira à construire une digue.

Depuis la semaine dernière, un « tac tac tac tac tac » rappelle le bruit d’une mitrailleuse lourde en action… Mais non ! Ce bruit saccadé provient de la tractopelle qui attaque quatre des six blockhaus de la plage de la conche des Baleines, à Saint-Clément-des-Baleines.

« Ils sont devenus dangereux »
A l’aide d’un marteau piqueur très puissant, celle-ci réduit une fortification en petits morceaux. « Il faut venir à bout d’un mur d’un mètre d’épaisseur, indique Anthony Auffret, directeur territorial de l’Office national des forêts en Poitou-Charentes (ONF). Le chantier durera au moins deux mois car il faut quinze jours de travail pour chaque blockhaus. »

L’établissement public a passé convention avec la Communauté de communes de l’île de Ré pour faire disparaître ces vestiges du Mur de l’Atlantique. « La dune qui les supportaient a reculé de 50 mètres en huit ans et les blockhaus ont fini par glisser sur la plage, explique le président de la collectivité, Lionel Quillet. Ils sont devenus dangereux. En plus ils créent un effet Venturi. Ils engendrent une dépression autour d’eux qui accélère encore l’érosion de la dune, ce qui menace la forêt derrière. » Face à ce constat, la communauté de communes de l’île de Ré a donc décidé d’investir 275 000 euros pour les détruire. « Normalement cela aurait dû être payé par l’État puisque nous sommes sur le domaine public maritime, a souligné l’élu. Mais Il ne fait rien. Alors nous avons trouvé le biais de cette convention. L’ONF, c’est-à-dire l’État, fait, et nous on paie. »

Mais le béton ne quittera pas l’île. Chaque blockhaus comprend 1 000 tonnes de béton qui seront réutilisées pour édifier une digue de protection littorale au lieu-dit des Doreaux, sur la plage sud de Saint-Clément. « Ce sera autant de camions en moins pour apporter des matériaux », apprécie le président de la Communauté de communes.

300 fortifications
Une partie du Mur de l’Atlantique va donc désormais servir à protéger l’île… de l’Atlantique.

La conche de Saint-Clément, dite aussi du “Pas de Zanuck “a servi de décor au film Le jour le plus long, porté à l’écran par un groupe de réalisateurs dont Darryl Zanuck, qui a donné son nom à cette portion d’estran. Sur l’île de Ré, quelque 300 fortifications datant de la seconde guerre mondiale subsistent encore.



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