Le Thou : l’orcanette atlantique, plante rare

Publié le 23 juin 2015 | Chez nous | Surgères et alentours

L’ancienne carrière du village abrite les derniers pieds de l’orcanette atlantique.

L’ancienne carrière du village abrite les derniers pieds de l’orcanette atlantique.

Jeudi 11 juin, le conservatoire botanique et le conservatoire régional d’espaces naturels ont organisé une visite dans l’ancienne carrière du village pour sensibiliser les élus des environs à la préservation de l’orcanette atlantique.

Déjà en 2013, le conservatoire régional d’espaces naturels de Poitou-Charentes avait pris contact avec la mairie du Thou pour « préciser les choses en termes d’enjeux botaniques et préserver cette espèce » explique Olivier Allenou, responsable de l’antenne de la Charente-Maritime. En effet, la zone d’implantation de cette plante rare se situe à côté de la déchetterie sur le site de l’ancienne carrière requalifiée en partie en décharge municipale (les Pierrières). Des dépôts en tout genre s’approchent dangereusement de cette zone naturelle.

La situation est inquiétante puisque cette plante vivace appelée orcanette atlantique (onosma tricerosperma subsp. Atlantica) n’existe plus ailleurs dans le monde. Cette sous-espèce de la famille des boraginacées (la même que le myosotis) « est présente uniquement dans le pays d’Aunis » fait remarquer Émilie Chammard, chargée de mission au conservatoire botanique national sud atlantique. « Aujourd’hui, on ne compte plus que deux stations dans la zone, au Thou et sur le site du motocross de Surgères, une ancienne carrière qui n’a pas été revue depuis dix ans mais cette dernière aurait disparu donc c’est a priori la dernière station ici ». D’où l’intérêt est de préserver cette sous-espèce.

Après comptage du nombre de pieds (rosettes) d’orcanette atlantique, il n’a été répertorié qu’une trentaine de pieds soit 20 de moins que l’an passé. Le conservatoire botanique vient tous les ans sur la commune pour un suivi régulier. Pourtant en pleine période de floraison, « l’orcanette n’a pas fleuri malheureusement cette année, d’où cette situation assez alarmante en termes de brassage génétique et de sauvegarde ». La science connaît assez peu cette sous-espèce, beaucoup de théories existent encore comme celle qui raconte que « la plante ne fleurit qu’une fois dans sa vie ». « Il y a beaucoup de questions et peu de réponses autour de cette plante ». L’orcanette atlantique aime pousser à l’état sauvage sur « les pelouses calcaires et rocailleuses comme cette carrière ». Il est donc difficile de planter des graines n’importe où. « En 2013, le conservatoire botanique a prélevé une dizaine de graines dans un objectif de conservation, celles-ci seraient mises en culture au besoin pour comprendre un cycle, faire une culture comparée ou pire en cas de disparition de l’espèce. À savoir que ce n’est jamais une solution satisfaisante ». Pour protéger cette sous-espèce rare, le conservatoire d’espaces naturels va limiter l’ourlet de branchages qui tend à prendre du terrain autour de la plante et charge la commune d’enlever les déchets présents sur ce site. Aussi, la déchetterie municipale à côté souhaite s’agrandir d’ici peu, la zone d’implantation de l’orcanette devra être exclue de cette activité.



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