Ile Madame : les martyrs de la Révolution

Publié le 28 août 2016 | Chez nous | Rochefort et alentours

La croix de galets est un lieu de pèlerinage pour les catholiques au mois d’août ainsi que pour les gens du voyage au printemps.

La croix de galets est un lieu de pèlerinage pour les catholiques au mois d’août ainsi que pour les gens du voyage au printemps.

Depuis 1910 se déroulent les pèlerinages pour rendre hommage aux prêtres réfractaires morts sur l’île Madame.
Retour sur l’histoire.

La Révolution française a écrit une page sombre de l’Histoire en créant une Église nationale dont les serviteurs de Dieu devaient être des fonctionnaires de l’État. Certains religieux ont refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé décrétée en juillet 1791 et à la fin de cette même année, la chasse aux sorcières commençait à l’encontre de ces prêtres réfractaires. Elle dura plus de 3 ans.

La côte atlantique a vu arriver des religieux de tout le pays car un décret d’août 1792 leur ordonne de quitter la France dans les 15 jours sous peine de déportation en Guyane. L’île Madame, rebaptisée par les révolutionnaires l’île Citoyenne, est devenue une prison à ciel ouvert d’août 1794 à fin janvier 1795. C’était le dernier lieu d’emprisonnement après l’internement dans des conditions inhumaines sur les tristement célèbres Washington et les Deux associés, deux bateaux de commerce aménagés pour la traite des esclaves et reconvertis en prison ancrée à l’entrée de l’estuaire de la Charente.

254 prêtres déportés enterrés sur l’île

La croix de galets, située dans un champ au début de l’île, constitue leur sépulture. Elle marque l’endroit où plusieurs corps ont été inhumés après leur découverte il y a plusieurs dizaines d’années. 254 prêtres ont été déportés
et enterrés sur l’île.

Sur les 70 000 religieux que comptait la France au début des événements en 1791, 46 000 ont refusé de prêter serment. Quelques-uns ont pu embarquer vers le « Nouveau Monde » pour échapper à leurs bourreaux. La plupart se sont retrouvés piégés sur le front atlantique. Beaucoup furent guillotinés, d’autres emprisonnés ou déportés. Les religieuses aussi ont payé leur tribut en étant incarcérées et déportées.

Fin janvier 1795 les quelques prisonniers encore vivants sont transférés à pied à Saintes à l’abbaye aux Dames où ils resteront enfermés, mais dans des conditions moins rudes, jusqu’à leur libération définitive.

« Le premier pèlerinage pour rendre hommage à ces prêtres a eu lieu en 1910, explique Dominique Hars, bénévole accrédité par le diocèse. Depuis cette date, chaque année au mois d’août un hommage est rendu aux prêtres déportés et morts sur l’île. Jean-Baptiste Souzy, prêtre du diocèse de La Rochelle à qui l’évêque de l’époque avait donné les pouvoirs de vicaire général, est mort et inhumé dans les sables de l’île Madame le 27 août 1794. C’est pour cette raison que le pèlerinage a toujours lieu fin août ». Le 1er octobre 1995, Jean-Baptiste Souzy et 63 de ses compagnons morts sur l’île ont été béatifiés.

L’évêque de La Rochelle-Saintes invite chaque année l’un de ses confrères lors du pèlerinage annuel organisé sur l’île Madame en hommage aux prêtres déportés morts sur l’île. L’évêque invité pour célébrer la commémoration est choisi à la condition que des prêtres réfractaires déportés soient nés dans son diocèse. Si un grand nombre de religieux ont fui à travers toute la France les persécutions dont ils faisaient l’objet sous la Révolution, beaucoup d’entre eux venaient de l’est du pays.

Cette année, c’est Monseigneur Jean-Louis Papin, évêque de Nancy et de Toul et Primat de Lorraine qui a officié mardi 23 août pour cette journée du souvenir. Le prédicateur a accueilli plus d’un millier de pèlerins dès le matin pour une messe au calvaire suivie de la procession l’après-midi.



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