Aunis sud : luthier, un métier d’art

Publié le 27 août 2016 | Week-end

Après avoir ouvert son atelier à La Rochelle, il y a 13 ans, Olivier Flajollet exerce sa profession à Surgères.

Après avoir ouvert son atelier à La Rochelle, il y a 13 ans, Olivier Flajollet exerce sa profession à Surgères.

Luthier, un métier pas commun dont le Marencennais Olivier Flajollet est le digne représentant. Il officie entre la cité d’Hélène et La Rochelle.

Olivier Flajollet est devenu luthier après avoir fait l’école de lutherie de Mirecourt (89), durant 5 ans, en 1989. « Je suis sorti avec un DMA (diplôme des métiers d’arts) », précise-t-il. Il a ensuite travaillé dans différents ateliers pour se perfectionner : « J’ai fait de la haute restauration sur de grands instruments. Mais aussi l’entretien des archets et leur fabrication de A à Z. Ce qui était très intéressant. Maintenant, je peux proposer le service complet autour de l’instrument et de l’archet ».

Avant que l’instrument ne soit dans les mains du musicien, Olivier Flajollet choisit d’abord le bois : de l’érable et de l’épicéa : « L’érable pour le dos, les éclisses et le manche ; l’épicéa pour le devant. C’est un résineux qui est léger et a des qualités qui permettent la bonne propagation de la sonorité et de la vibration. J’aime bien travailler avec ce résineux italien ».

Pour le luthier, ce qui est important, c’est l’architecture, la manière dont est construite la voûte : « Cela va permettre de donner de la souplesse et de la résistance à certains endroits ».

Quand le bois a été choisi, les pièces arrivent prêtes à être travaillées. « Je construis l’instrument à partir de planches, après traçage d’un dessin. Et je travaille mes modèles d’après Stradivarius ou Guarnérius, des modèles anciens. Je m’en inspire, mais n’essaie pas de faire de la copie ».

« Je suis l’instrument pendant 2 ans »

Quand l’instrument est entièrement monté, il ne reste plus qu’à le vernir. Et là, Olivier Flajollet fabrique lui-même ses produits à base d’huile de lin, d’essence de térébenthine, de résine Dammar, de mastic en larmes et de colophane. « Ces résines sont solubles à l’huile qui va servir de liant. L’intérêt est qu’elle va donner de la transparence et du brillant au bois. Ce qui est plus intéressant au niveau esthétique ». Cela permet aussi une meilleure protection de l’instrument contre les frottements, la transpiration… car l’humidité va être repoussée par l’huile. Il y a un autre intérêt, c’est que l’huile de lin ne s’évapore pas comme avec d’autres vernis réalisés avec du solvant.

Puis il faut accorder l’instrument : « Je ne suis pas musicien, mais je sais jouer pour régler l’instrument. Je le teste, mais c’est le musicien qui fait sa recherche artistique. Nous, luthiers, nous devons lui permettre d’accéder à cette facilité de jeu, cette richesse de timbre… Quand l’instrument est livré, je le suis pendant 2 ans. Il va beaucoup évoluer car le bois travaille. Je surveille sa sonorité ».

À La Rochelle, Olivier Flajollet a notamment développé une activité de location, de vente d’instruments neufs et de restauration d’anciens. Mais c’est pour travailler en toute tranquillité qu’il est présent à Surgères en début de semaine : « Je développe la création des instruments, et mon activité est à Surgères car il y a de la demande. Depuis que je suis ici, j’arrive à fabriquer un instrument par mois : violon, alto ou violoncelle ». Un luthier qui n’a pas fini d’être sollicité, la cité d’Hélène étant mélomane. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé lors du festival Sérénade.



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