Marais poitevin : les maraîchines en bateau

Publié le 4 mai 2016 | Chez nous | Mauzé-sur-le-Mignon et alentours

Le chaland bétaillère suivi par le public en barque.

Le chaland bétaillère suivi par le public en barque.

Samedi 23 avril, à l’ancienne scierie de La Garette (79), huit éleveurs bovins ont mis à l’herbe leurs vaches dans le marais, devant un public venu en nombre.

Samedi matin, une petite cinquantaine de maraîchines, une race en voie de disparition, attendait à quai, leur chaland bétaillère. Un petit bateau plat à moteur qui allait les transporter dans des îlots du marais, entre les communes de La Garette, Coulon, et Magné, direction les verts pâturages du marais. Une manœuvre assez délicate.

Pour la première fois depuis le mois de novembre, elles sortent de leur ferme. De nombreuses personnes, souvent venues en famille, étaient là pour admirer le spectacle. Le public a même pu embarquer avec les vaches ou suivre le chaland en barque. Arrivées à destination, c’est sous les yeux amusés des spectateurs que les vaches ont sautés, se sont élancées dans la prairie, et se sont même gratté la tête contre les arbres.

L’objectif de cet événement était de montrer au public cette pratique traditionnelle. En effet jusqu’aux années 1920-2030 promener les bovins en barque était très courant. Les agriculteurs avaient des parcelles inaccessibles par voie terrestre, et devaient transporter les animaux, ou le matériel agricole par barque.

C’est un procédé très lent. Lors de leur mise à l’herbe, les vaches étaient regroupées par quatre ou cinq dans le chaland. Quand un agriculteur doit déplacer son troupeau entier (soit environ 150 bêtes) il lui faut 2 ou 3 jours.  Cette activité participe grandement au tourisme, car elle permet de préserver le charme pittoresque du marais. Mais elle perdure aussi pour des raisons écologiques. Cela permet d’entretenir, l’écosystème et le paysage local. L’abandon de ces pratiques d’entretien a fortement accentué le caractère inaccessible du site.

Les agriculteurs peuvent compter sur l’aide du Conservatoire d’espace naturel du Poitou-Charentes et du Parc Interrégional du Marais Poitevin (PIMP). Depuis 2006, les deux structures sont intervenues dans l’achat de parcelles par le biais de conventions. Leurs interventions concernent 800 hectares.Elles ont également mis en place des aménagements pastoraux pour faciliter l’activité des éleveurs comme des clôtures, ou des embarcadères.

Aujourd’hui huit éleveurs locaux de l’association des éleveurs par bateau de la Venise verte occupent ces parcelles. « Sans l’aide du PIMP et du Conservatoire, l’image du marais de La Garette que tout le monde connaît, n’existerait plus, ce serait plutôt une grande île boisée. Les prairies du marais mouillé ne seraient pas exploitées et le milieu se serait refermé depuis longtemps », confit Dominique Moinet, président de l’association. Cette activité est une source de richesse pour la conservation du patrimoine du Marais, et pour l’activité touristique.

Ci-dessous, notre galerie photos de l’opération…

« 1 de 14 »



Laissez un commentaire

Vous devez etre connecté pour laisser un commentaire.