Marsais : la méthode Diabira

Publié le 25 janvier 2016 | Week-end

Luc Diabira connaît autant la scène nationale qu’internationale.

Luc Diabira connaît autant la scène nationale qu’internationale.

Tout vient du cœur

Originaire du Mali, Luc Diabira n’a pas choisi de jouer de la batterie par hasard. Non seulement, il est tombé sous le charme de cet instrument lors d’un concert du groupe Yes dans son adolescence, mais cet attachement remonte plus loin. Le musicien ne peut dissocier les percussions du premier son perçu par tout être humain in utero : les battements du cœur de sa mère : « C’est la découverte du son, c’est la pulsation avant la musique ».

Il prend ses premiers cours de batterie à l’âge de 15 ans, puis se consacre à des études de percussions classiques au conservatoire de Puteaux (92) avec Alain Zing, tout en prenant en parallèle des cours de piano. Puis en 1982, à 22 ans, Luc Diabira entre à l’école supérieure de batterie Emmanuel Boursault.

En 1984 démarre l’expérience Azikmen qui durera 10 ans : Azikmen c’est un groupe de reggae avec lequel Luc Diabira et ses comparses ont enchaîné concerts, festivals et premières parties : « C’est à ce moment que j’ai commencé à gagner ma vie avec la musique. » Puis c’est la rencontre du groupe avec Sapho. Luc Diabira deviendra le batteur de la chanteuse durant une dizaine d’années : « Avec Azikmen, on répétait à Rueil Malmaison et Sapho aussi. Elle s’était séparée de ses musiciens et voulait recréer un nouveau groupe. Et comme Sapho est métissée du Maroc elle est très attachée au rythme. C’est elle qui nous a choisis. » Et c’est le début de tournées à travers la France et le monde entier comme en Scandinavie, au Japon, au Moyen Orient… « C’était une expérience énorme. Et on était dans les pleines années culturelles avec Jack Lang qui a créé la fête de la musique ».

Une époque qui représente le début de grandes rencontres qui ont marqué la carrière de Luc Diabira. Parmi celles-ci Graeme Allwright, Ronnie Caryl avec qui il joue encore ; mais aussi David Soul avec qui il a enregistré un disque en 1996 “Leave a light on“. Et d’autres aventures musicales se sont construites notamment  avec Jean-Marc Desbois : « Je me suis installé en Charente-Maritime en 1995. Je faisais toujours des concerts dans des clubs de jazz à Paris et j’ai connu des musiciens d’ici, comme Jean-Marc. Il y a Paris mais on a nos artistes locaux. C’est important ». De cette rencontre naîtront plusieurs collaborations dont un spectacle sur Aragon. Et par le biais de Michel Delage les deux musiciens ont créé un big band jazz et ont tourné notamment avec des standards français revisités comme des chansons de Charles Aznavour, Henri Salvador, Nougaro… Puis Luc Diabira développe une formule Master-Class / Concert au Jam Pub de La Rochelle avec des musiciens invités. Le collectif “Groove on the Top” naîtra de ce projet…

Une carrière faite de rencontres et de partage, les fondements de la musique et de la batterie, « un instrument universel », selon Luc Diabira, qui se poursuivent aujourd’hui encore notamment avec le Gombo Collectif qui joue le premier mardi tous les 2 mois (à partir de février) au bar culturel et solidaire Aiôn à La Rochelle.