Marsais : pas de fête de l’éolien

Publié le 19 octobre 2015 | Chez nous | Surgères et alentours

Harnais et casque étaient nécessaires pour visiter l’éolienne.

Harnais et casque étaient nécessaires pour visiter l’éolienne.

Le promoteur Volkswind avait invité les élèves de l’école de la commune à des animations à la ferme éolienne. Le rectorat a tout annulé.

Cela devait se dérouler vendredi 9 octobre au pied d’une des éoliennes situées sur la commune : animations et lâcher de ballon étaient prévus pour les élèves. Mais le rectorat a tout annulé à la suite d’un coup de téléphone de l’association Vent de contraste en Pays d’Aunis : « Nous estimons qu’un promoteur privé n’a pas le droit d’endoctriner les enfants avec des goûters et des lâchers de ballons », explique Michel Broncard, le président de l’association. « Nous voulions expliquer aux enfants ce qu’était une éolienne, eux qui en ont sur leur commune, et comment fonctionne cette énergie », lance de son côté Alexis Juge, de Volkswind. Forcément les points de vue divergent.

Du côté du promoteur, une information auprès des élèves a tout de même été faite en classe et les visites organisées pour les habitants, se sont déroulées sans anicroche. Alexis Juge a expliqué que l’énergie produite par les éoliennes « est une énergie de paix car aucune population n’est déplacée comme cela peut se produire pour le pétrole ». Celle produite par les éoliennes de Marsais est « redistribuée en grande partie en Poitou-Charentes et en Aquitaine ». Alexis juge mettant en avant que cette énergie est présente en « abondance », que son coût de production est de l’ordre de « 82 €/mégawatt/h contre 115 € pour l’énergie sortie d’un EPR », et qu’elle représente « 11 000 emplois en France dont 420 en Poitou-Charentes » et avoisinera les « 60 000 emplois en 2025. » Pour finir, il a rappelé le démantèlement obligatoire des éoliennes par le promoteur en fin de vie de ces dernières.

Des représentants de l’association Vents de contraste ont manifesté leur désaccord.

Des représentants de l’association Vents de contraste ont manifesté leur désaccord.

De leur côté, la poignée d’opposants présente s’est entretenue avec Jean-Luc Proust, directeur de Volkswind France. Un habitant de Beaumont, l’a interpellé sur un effet stoboscopique présent dans son salon « pendant 3 quarts d’heure chaque jour » ainsi que du bruit des pales à certains moments alors qu’il habite à 900 m des éoliennes. Jean-Luc Proust, lui répondant que la législation française ne reconnaissait pas l’effet stroboscopique comme une gêne. Quant au bruit : « Je ferai ce qui est exigé par la loi » en termes de normes acoustiques. Selon Vent de contraste en Pays d’Aunis, une dizaine de riverains les ont contactés se plaignant d’une mauvaise réception des chaînes de télévision à Boisseuil « par effet miroir ». L’association continue d’ailleurs à récolter des témoignages. Un dernier habitant de la Faye d’Epannes, inquiet, a ajouté : « Si tous les projets alentour vont au bout, le hameau qui compte 4 maisons sera entouré de 39 éoliennes ! »

Carine Fernandez