Matha : la discothèque Vibrations, c’est bien fini !

Publié le 28 novembre 2016 | Chez nous | Saint-Jean-d'Angély et alentours

La fermeture  de Vibrations, c’est un peu la fin d’une époque

La fermeture de Vibrations, c’est un peu la fin d’une époque

Suite à la fermeture de la discothèque de Matha, l’Hebdo a rencontré Nicole Pinaud, sa propriétaire.

Vibrations, c’est donc fini ?
Depuis la disparition de mon mari en 2007, j’exploite seule notre discothèque. Tenir une boîte de nuit, c’est épuisant. J’en sortais tous les matins à 6 h pour ouvrir mon salon de beauté à 8 h 30. Je m’étais donné 10 ans. Il était vraiment temps que je prenne un tournant. Vibrations était le dernier établissement de ce genre encore ouvert en milieu rural. J’avais neuf employés. Mais d’un côté, une forte baisse de fréquentation, et de l’autre la perspective d’importants travaux de structure et de sécurisation. Financièrement, ce n’était plus viable. Alors oui, Vibrations, c’est vraiment fini.

Y a-t-il une raison à cette baisse de fréquentation ?
Les gens ne sortent plus comme avant. Entre 1980 et 2000, ça marchait bien, tout le monde sortait. Dès 2004, les choses ont commencé à changer. L’interdiction du tabac dans les lieux publics et la répression de l’alcoolémie sont de bonnes décisions mais ont provoqué une cassure. Cela a plombé l’ambiance. Et puis l’histoire des boîtes de nuit est liée à celle du disco, une époque révolue même s’il y a encore aujourd’hui de la nostalgie. Et puis il y a la crise, n’est-ce pas ?

Il y avait beaucoup de monde pour votre dernière soirée…
En effet, la discothèque était pleine de gens venus comme pour un dernier hommage. C’était très émouvant. Il faut vous dire que chez nous, c’était très familial. La plupart des clients venaient de Matha et des alentours proches. On se connaissait et donc en général tout se passait bien. Dans une boîte ce n’est pas toujours simple. Il faut gérer des gens qui ont bu, faire la morale… Or, je n’ai jamais eu à subir de fermeture administrative et c’est une raison de fierté pour moi.

Avec Vibrations, c’est un monument de la vie de Matha qui disparaît…
Certainement. Tout a commencé en 1979 à Chives avec la création du premier dancing dirigé par Suzanne, ma belle-mère, et Jacky, mon mari. Ensuite c’est devenu ambulant. On faisait les frairies avec des orchestres sous des sortes de tivolis, parquets salons. Et puis vers 1994, nous nous sommes fixés à Matha. Suzanne avait beaucoup d’audace. Elle avait déjà fait venir à Matha des artistes comme Annie Cordy, Carlos, Johnny Hallyday, Patrick Juvet… Nous avons continué. Francky Vincent, Image, Kim V. Mais aussi Colonel Reyel, une soirée malheureusement marquée par un événement tragique… Nous aurions même dû avoir M. Pokora. Décommandé au dernier moment, il nous avait envoyé une vidéo pour présenter ses excuses au public. J’en passe. Et puis, Vibrations a servi de décor au tournage du film de Josée Dayan Indiscrétions, avec Muriel Robin. Et encore en 2015, cette grandiose soirée de slam imaginée par Séverine Pellerin avec les collégiens et leurs parents. Oui, Vibrations a été une grande et belle aventure. Mais même les plus belles aventures ont une fin.



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