Nature : orangs-outans, espèce en danger

Publié le 24 mai 2016 | Week-end

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L’orang-outan est inscrit au registre des espèces en danger.

Ils sont en danger d’extinction, il est urgent d’agir. C’est le message que Marc Ancrenaz, directeur scientifique de l’ONG Hutan dont le zoo de la Palmyre est partenaire, souhaite délivrer.

Partenaire de médiation du Muséum d’Histoire Naturelle de La Rochelle, le zoo de La Palmyre présente un zoom sur l’ONG qu’il soutient œuvrant pour la sauvegarde des orangs-outans de Bornéo, dans le cadre de l’exposition “Climat à nous de jouer !”. Hutan c’est le nom de cette ONG dont Marc Ancrenaz (en photo ci-contre) est le directeur scientifique. Depuis 20 ans, elle a engagé des actions de sauvegarde de ces grands singes en danger d’extinction et pour lesquels il est urgent d’agir.

L’ONG Hutan est une association française fondée par la primatologue, Isabelle Lackman et le vétérinaire, Marc Ancrenaz. Hutan, “forêt“ en malaisien, étudie les solutions d’adaptation des orangs-outans de Kinabatangan. Elle collabore avec les villageois, les autorités et les producteurs d’huile de palme à la conservation des espèces vivant un même écosystème. Elle protège directement 800 orangs-outans.

Préserver les orangs-outans et la faune
« Je pense que nous sommes la prochaine espèce sur la liste. Si on n’arrive pas à sauver les grands singes, nos plus proches cousins, je ne vois pas quel va être notre avenir sur cette planète », ces mots du Docteur Marc Ancrenaz, sonnent comme un cri d’alerte. Marc Ancrenaz, originaire de Saint-Palais-sur-Mer près de Royan, diplômé de l’école vétérinaire de Maisons-Alfort, découvre pour la première fois en 1994 avec Isabelle Lackman, l’habitat dégradé des orangs-outans par l’activité humaine, avant de s’installer à Sabah. En 1998, l’ONG Hutan, met en place, Le Kinabatangan Orangutan Conservation Program (KOCP) visant à préserver les orangs-outans, qui risquent de disparaître, et la faune sauvage de Sabah qu’il occupe.

Inscrits au registre des espèces en danger
L’orang-outan, arboricole, se nourrit principalement de fruits, mais aussi d’écorces, de fleurs, de jeunes feuilles et de termites. À la différence des autres singes, l’orang-outan, n’est pas chasseur. Comme tous les grands singes, il dort dans des nids, tous les jours : il casse des branches, tire de grosses feuilles et fait un matelas à une hauteur de 40 mètres. Capable de s’adapter à la dégradation de son habitat naturel, sa survie dépend aussi de la population locale dont il partage l’écosystème. « Les orangs-outans sont les seuls grands singes à être autant dépendants des arbres pour leur survie, ils passent l’essentiel de leur vie dans les arbres », explique le vétérinaire.
Au cours du dernier siècle, le nombre d’orangs-outans a chuté de façon dramatique. On en recense 6500, ce qui représente 8 % de la population actuelle de Sumatra. Ce constat est inquiétant et se vérifie sur toutes les races de grands singes : ils ont perdu un effectif au minimum de 70 %, au cours des 50 dernières années. Ils sont tous inscrits au registre des espèces en danger.

Déforestation
À Bornéo, les animaux vivent dans une forêt qui n’est plus originale. La cause principale de la déforestation est l’utilisation de produits forestiers pour notre propre consommation. En Asie du Sud-Est, la problématique est l’exploitation de l’huile de palme. Elle permet aux pays comme la Malaisie de se développer par la production de produits agricoles. Les palmeraies remplacent ainsi les arbres au détriment de la forêt. L’huile de palme, se trouve dans 60 % des produits cosmétiques et alimentaires que nous utilisons au quotidien, dans le monde entier, sous le nom “huile végétale “ou “graisse végétale“. « Lorsque vous allez au supermarché soyez sûr d’acheter des produits dits certifiés », conseille Marc Ancrenaz.
Les palmerais fragmentent la forêt, ce qui contraint l’orang-outan à vivre dans des îlots de plus en plus réduits. Il est alors obligé de traverser des palmeraies ou des zones minières, entraînant la traversée de zones dangereuses et des dégâts considérables dans les cultures. « Nous travaillons de manière à identifier comment produire l’huile de palme, de façon durable et responsable pour permettre aux hommes de produire et à la biodiversité de perdurer. Ce n’est pas facile mais je reste convaincu que cela est possible. L’important est de réaliser que nous faisons tous partie du problème et a contrario que nous faisons tous partie de la solution notamment par nos choix quotidiens », argumente Marc Ancrenaz. Le Docteur se bat également pour que l’industrie de l’huile de palme laisse 15 % d’arbres originaux, ces arbres maintiennent naturellement, un taux d’humidité favorable à la croissance des palmiers.

Maladies et braconnage
La forêt dégradée a aussi pour conséquence la proximité avec l’homme. Du fait d’une grande proximité génétique, l’apparition de maladies nuisibles par transmission est fréquente. Contrairement à l’homme, les grands singes ne sont pas immunisés, une maladie ordinaire chez l’homme comme une grippe s’avère mortelle chez eux.
Un autre phénomène aggrave la survie de l’espèce, le braconnage. Pourtant protégée par des lois nationales et internationales, le braconnage reste une réelle menace pour l’espèce. Favorisé par la déforestation, il a pour conséquence le trafic de bébés orangs-outans. Après la mort de leur mère, tuée sciemment pour ce trafic ou pour sa présence à proximité de cultures, les petits sont capturés comme animaux de compagnie ou pour des parcs d’attractions. « À Bornéo on estime ainsi que 2 000 à 4 000 orangs-outans sont tués chaque année », rappelle Marc Ancrenaz.

Implication des populations locales
Pour faciliter leurs déplacements notamment le franchissement des routes sans danger, l’association Hutan crée des ponts à l’aide de cordes tendues. « On a constaté que les forêts gérées durablement sont plus favorables à la survie des orangs-outans », confie Marc Ancrenaz. L’ONG sensibilise aussi la population locale à la conservation des primates en l’impliquant dans l’installation des zones protégées. Soixante personnes travaillent grâce aux grands singes. « Impliquer les populations locales permet une meilleure connaissance de ces primates, cela permet de changer leur regard sur les animaux sauvages », insiste Marc Ancrenaz.
À Bornéo, le travail réalisé fait état de 40 hectares de terres acquises, un corridor de 10 kilomètres de long entre deux zones protégées, réalisé et un total de 10 000 arbres plantés. Il reste encore beaucoup à faire.



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