Interview : Nellie Oleson bientôt chez nous

Publié le 19 mai 2016 | Week-end

Alison Arngrim se produit régulièrement dans des spectacles de stand up et au théâtre, aux Etats-Unis. Son autobiographie intitulée “La petite garce dans la prairie” est devenue un best-seller.

Alison Arngrim se produit régulièrement dans des spectacles de stand up et au théâtre, aux Etats-Unis. Son autobiographie intitulée “La petite garce dans la prairie” est devenue un best-seller.

Alison Arngrim a immortalisé le rôle de la “méchante” Nellie Oleson dans la série “La petite maison dans la prairie”. Vendredi 20 mai, à 20 h 30, elle se produira à la salle des fêtes de Pont-l’Abbé-d’Arnoult avec Patrick Loubatière dans un spectacle intitulé “La malle aux trésors de Nellie Oleson”. L’occasion d’une rencontre avec celle qui a été désignée comme « la plus grande garce de la télé de tous les temps ». Une artiste pétrie d’humour et au cœur gros comme ça.

Nellie Oleson à Pont-l’Abbé-d’Arnoult”, ça a l’air d’un gag, pourtant vous allez bien vous y produire le 20 mai. Pourquoi ce choix d’une petite commune ?
Ha ha ! Je sais que ça a l’air incroyable, mais en effet, je viens à Pont-l’Abbé, pour de vrai ! C’est l’une des choses qui rend ce projet “fun” : je vais dans toutes sortes d’endroits où on ne m’attendrait pas. Et ça a vraiment un sens. Car quel meilleur endroit pour faire un spectacle ravivant les souvenirs de “La petite maison dans la prairie” que les petites communes, les “Walnut Grove” de France ?

Vous allez présenter “La malle aux trésors de Nellie Oleson” avec Patrick Loubatière. Un stand up humoristique et interactif. Quelle est la trame de ce spectacle ?
C’est un spectacle très inhabituel. Est-ce qu’il suit une trame normale ? Non ! Est-ce qu’il respecte les règles ? Non ! Non seulement nous ne venons que dans les petites communes, mais nous allons directement au cœur du public et nous leur demandons de se joindre à nous. Il y a beaucoup de surprises dans “La malle aux trésors”, des objets qui évoquent des histoires à propos des coulisses de “La petite maison dans la prairie”, ou de Michael Landon (Charles Ingalls) et Katherine MacGregor (Harriet Oleson), ou de ma propre vie ; vous devriez vous préparer à voir sortir tout et n’importe quoi ! Et il y a aussi des vidéos des moments les plus drôles de la série.

Vous avez de très grands fans en France qui n’hésitent pas à parcourir des centaines de kilomètres pour venir vous voir…
Oui, c’est vrai ! Il y a même des gens prêts à se faire tatouer sur la peau “La petite maison” et mon autographe ! C’est incroyable ! J’ai vu des gens venir au spectacle déguisés en Nellie Oleson ! J’ai vu des gens bâtir des répliques de “La petite maison” dans leur jardin ! On m’a même servi un gâteau qui était une version miniature de “La petite maison”, seule Nellie Oleson pouvait avoir le cran de le couper, bien sûr ! Les gens appellent leurs enfants Laura, très peu, Nellie… Si quelqu’un m’avait dit que, après toutes ces années, les gens aimeraient autant cette série et feraient des choses aussi incroyables, jamais je n’aurais pu le croire.

La série est toujours diffusée en France, comment expliquez-vous ce succès ?
C’est de la folie ! Une série télévisée qui est encore plus populaire 40 ans après sa création qu’elle ne l’était à sa première diffusion ? ! Une série qui parle des pionniers américains, et qui est regardée religieusement dans 140 pays, et adorée par des gens qui ne sont jamais venus aux Etats-Unis ? ! Non, cela n’a aucun sens, sur le plan de la logique ! Mais c’est parce que “La petite maison dans la prairie” est une série que les gens regardent avec leur cœur. Et cela franchit donc toutes les frontières – nationales, culturelles, et générationnelles.

Après le spectacle, vous vous rendez disponible pour une longue séance de dédicaces, d’échanges, de poses photos… Est-ce capital pour vous, cette proximité avec le public ?
Absolument ! “La petite maison dans la prairie” est une série qui touche les gens sur un plan personnel. Ils ont déjà l’impression qu’ils me connaissent, d’une certaine manière. Je pense qu’il faut que j’apprenne à les connaître, moi aussi !

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Voici dix ans que vous vous produisez en France avec Patrick Loubatière ; pouvez-vous nous parler de votre rencontre avec lui et de cette formidable aventure artistique ?
Je pense que c’est l’une des histoires les plus dingues et les plus formidables dans toute l’histoire du théâtre ! On s’est rencontré sur la Tour Eiffel. Vraiment ! Il avait écrit un livre sur “La petite maison dans la prairie”, aussi beaucoup d’entre nous, acteurs de la série, avions entendu parler de lui. Mais c’est durant mon premier voyage en France que je me suis finalement retrouvée assise face à lui et que j’ai pu lui parler vraiment, au niveau 2 de la Tour Eiffel. Puis j’ai commencé à faire des voyages réguliers en France, et il est venu aux Etats-Unis. Et puis, il a sorti l’idée de faire un spectacle comique en France et en français ! Alors que je ne connaissais qu’environ cinq mots de français, et que lui-même n’avait jamais fait de théâtre de sa vie ! Et où ce projet complètement insensé a-t-il vu le jour ? Entre deux tas de sable, sur une plage de Malibu !

 

Il y a dix ans aussi, vous avez tourné avec Jean-Pierre Mocky alors que vous ne parliez pas encore français, quels souvenirs gardez-vous du tournage ?
Oh, wow ! “Le deal” est une comédie assez folle, et je joue une femme qui fait beaucoup de choses étranges ! Mais Jean-Pierre Mocky a été très gentil avec moi, et j’ai passé un très bon moment sur le tournage. Il tenait à me donner ses instructions de mise en scène en anglais – même si je lui avais dit que ce n’était pas la peine. Le problème, c’est qu’il se trompait : il me parlait à moi en français, puis il se tournait vers les acteurs français, et leur parlait en anglais !

Aviez-vous déjà joué dans notre pays auparavant ?
Non. Jusqu’en 2002, je n’avais jamais mis les pieds en France. En fait, si je suis venue, c’est grâce à “La petite maison dans la prairie” – pour une apparition dans l’émission “Les enfants de la télé”. C’est à ce moment-là que Patrick et moi nous sommes enfin rencontrés en personne. Mais je connaissais pas mal de choses sur la France, j’avais toujours voulu y venir. Je lisais des livres et je regardais des films sur votre pays. Et j’aimais déjà la nourriture française !

Aux Etats-Unis, vous êtes très impliquée dans la lutte contre la maltraitance faite aux enfants notamment au côté de l’association Protect. Pouvez-vous nous parler de cet engagement ?
Je suis très fière de ce que nous avons été capables d’accomplir. Ici, aux Etats-Unis, chaque Etat a ses propres lois – même sur la façon de punir les gens qui abusent les enfants. Et malheureusement, il y a beaucoup de failles et vides juridiques dans ces lois. Dans certains endroits, il y a des lois qui permettent aux personnes qui abusent sexuellement d’un enfant de ressortir libres à partir du moment où elles ont un lien de famille avec la victime ! Avec l’association Protect, nous avons pu changer ces lois dans plusieurs Etats. Nous avons aussi réussi à faire passer une loi qui accroît l’aide gouvernementale pour les services de police qui enquêtent sur la pornographie infantile et le trafic d’enfants sur Internet. C’est un problème très répandu et très grave. Mais nous faisons d’énormes progrès.

Propos recueillis par Christelle H.-Péguin

(avec l’aimable traduction de P. Loubatière)



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