Oléron : découvrez l’école autrement avec le Cepmo

Publié le 14 avril 2016 | Actualité | La semaine

Au Cepmo, les élèves participent à la vie du lycée. (photo Cepmo)

Au Cepmo, les élèves participent à la vie du lycée. (photo Cepmo)

Situé à St-Trojan-les-bains, le Centre expérimental pédagogique maritime en Oléron accueille des élèves de la seconde à la terminale.

Ce lycée d’enseignement général est rattaché au lycée de Pons. Dix-huit professeurs dispensent leur savoir à une centaine d’élèves dans les filières S, ES et L auxquelles il faut ajouter deux classes de seconde.

Ouvert en 1982, sous l’impulsion d’Alain Devaquet alors ministre de l’éducation nationale, ce lycée expérimental compte trois autres petits frères en France. Expérimental, ce lycée l’est sur le plan pédagogique mais aussi sur les principes éducatifs liés à l’accompagnement des élèves.

Ainsi, chaque élève possède un tuteur qui est l’un de ses professeurs. « Mais cela n’empêche pas la présence d’un professeur principal en plus », confie Sophie Leturcq, professeur de Français. Le lycée n’ayant pas de “vie scolaire“, le tuteur fait le lien entre les besoins administratifs et l’élève ainsi que les parents de ce dernier qui parfois habitent loin. A noter que chaque tuteur chapeaute 6 à 8 élèves qui fréquentent ses cours. Ce tutorat permet aussi un travail en commun de l’élève et de son tuteur lors des moments d’autoévaluation du travail. Concrètement, l’année scolaire est découpée en 5 périodes à la fin desquelles l’élève rencontre individuellement chacun de ses professeurs avec qui il élabore son évaluation : « On ne remplit pas les bulletins en l’absence de l’élève, on construit ce travail-là ensemble », poursuit Sophie Leturcq. Puis le tuteur et l’élève font la synthèse de ces évaluations avant une rencontre avec les familles. Donc pas de conseil de classe mais une implication de l’élève sur l’évaluation de son travail : « Cela permet d’avoir des enjeux intermédiaires avec ces rendez-vous qui sont autant de temps forts pour l’établissement, avec pour objectif de poser un diagnostic le plus lucide possible relatif à la progression sur la période et quelles stratégies à mettre en œuvre pour les points à améliorer si besoin », ajoute Pierre Doignon professeur d’histoire-géographie. Le tutorat permet aussi de mettre en place des temps de communication avec l’élève en cas de difficultés, d’absentéisme ou encore de non-rendu d’un devoir. Ils se déroulent toujours avec un autre professeur, voire toute l’équipe éducative si le dialogue semble rompu avec l’élève. L’équipe se réunit aussi seule chaque jeudi matin afin de parler des élèves.

Après les cours, élèves et professeurs échangent des activités en dehors de la classe.

Après les cours, élèves et professeurs échangent des activités en dehors de la classe.

« Être enseignant ou élève au Cepmo nécessite une démarche volontariste »
Au Cepmo, on participe aussi à des agoras ou groupes de discussion. Ce sont des heures de cours (une heure par semaine) dévolues au vivre ensemble : « Cela peut être des questions très pragmatiques où l’on parle du ménage mais aussi des questions d’actualité qui ont touché les élèves. C’est en tout cas un temps où on échange en groupe avec une forte finalité citoyenne ».

Les élèves participent aussi tous à un projet en groupe, où tous les élèves du lycée peuvent se mélanger. Ils peuvent monter une comédie musicale, un spectacle, faire un potager, un projet de construction avec récupération de palettes… Avec pour seule contrainte l’encadrement du groupe par un professeur qui n’est pas forcément spécialiste du domaine choisi par les élèves. Le savoir peut ainsi circuler dans les deux sens, un levier intéressant pour les élèves fâchés avec l’institution : « C’est intéressant, reprend Pierre Doignon, car ça permet de désacraliser la relation didactique classique et frontale dont nous-mêmes, nous ne sommes pas forcément friands. Souvent un basculement s’opère. » Les élèves sont ainsi amenés à être force de proposition et à prendre des initiatives : « Ils peuvent ainsi gérer au mieux cette tension entre liberté et responsabilité ».

Chaque année, un projet à fonction diplômante et professionnalisante est proposé, comme le projet plongée qui permet de valider les premiers niveaux en théorie parfois accompagnés d’un stage pratique qui se déroule en Espagne au mois de mai. « Toutes les initiatives auxquelles les élèves participent deviennent des lignes supplémentaires pour les CV », conclut sur le sujet Sophie Leturcq.

Un des points forts de l’expérimentation, c’est que le lycée est en autogestion avec pour établissement de tutelle, le lycée Emile Combes à Pons, situé donc à plus de 100 km de Saint-Trojan : « Ce qui veut dire, intervient Pierre Doignon, que c’est l’équipe pédagogique -à raison de rotation de deux à trois professeurs par période- qui fait office de direction et gérera le côté administratif du lycée en abordant les questions de budget, même si on dépend de la comptabilité de Pons. » Ce qui fait dire à Pierre Doignon qu’« être enseignant ou élève au Cepmo nécessite une démarche volontariste ».

Carine Fernandez

Cepmo, Foyer Départemental Lannelongue, 30 Avenue du Débarquement, 17370 Saint-Trojan-les-Bains. Tél. : 05 46 47 23 57.

Et si vous l’avez manqué en kiosques, plongez dans notre dossier spécial “L’école autrement” dans notre édition du jeudi 7 avril. Huit pages pour découvrir la méthode Montessori avec l’école l’Envol à Vandré ; des témoignages des élèves du CEPMO (Centre Expérimental Pédagogique Maritime à Oléron) ou encore le portrait d’une mère qui a fait le choix du parcours de l’instruction en famille pour ses 4 enfants. Toujours en vente sur http://www.epresse.fr au prix de 0,99 € en version numérique (PDF) ou en version papier au prix de 1,60€ dans nos bureaux au 7, rue Paul-Bert à Surgères. Renseignement au 05 16 19 43 05.



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