Chambon : Paul représentera la différence à Rio

Publié le 30 août 2016 | Chez nous | Surgères et alentours

C’est entouré de toute sa famille que Paul (3e à droite) a traversé des moments difficiles et qu’il partage aujourd’hui les joies qui comblent sa vie.

C’est entouré de toute sa famille que Paul (3e à droite) a traversé des moments difficiles et qu’il partage aujourd’hui les joies qui comblent sa vie.

Dans quelques jours, Paul Bureau effectuera sa rentrée des classes comme tous les jeunes de son âge. Mais avant cela, il s’envolera au Brésil en tant qu’ambassadeur de la différence aux Jeux paralympiques, le 5 septembre prochain.

Paul a 16 ans, il va faire sa rentrée dans un nouvel établissement à Marseille pour préparer une 1re « sciences et techniques sanitaires et sociales » pour devenir prothésiste. Mais il va devoir s’absenter une quinzaine de jours pour une raison certainement peu fréquente. Il a été choisi pour assister aux jeux paralympiques de Rio, qui se dérouleront du 7 au 18 septembre.

À l’âge de 7 ans, Paul est atteint par une méningite C associée à un purpura fuminans. Cette maladie grave et fulgurante lui a pris ses deux jambes en dessous des genoux. Elle lui a coûté une année d’opérations successives et de rééducation. Il a été appareillé à 8 ans.

C’est avec une grande maturité que Paul parle de ce qui lui est arrivé : « Aujourd’hui je me rends compte que cette épreuve, je l’ai traversée avec l’aide de ma famille et de mes amis, du sport, de l’école et de la prière. »

La passion de l’escalade

À un moment où certaines personnes n’auraient plus eu envie de bouger compte tenu de la situation, Paul avait quant à lui très envie de retourner dans son école à Surgères pour retrouver ses amis. Il y était attendu et il y a été bien aidé.

À son arrivée au collège, il a découvert un sport qu’il n’aurait jamais imaginé pouvoir pratiquer : l’escalade. Mais grâce à la bienveillance de son professeur de français Jean Gleizes, qui le soutient également dans sa dyslexie, Paul découvre les sensations de ce sport, y prend goût et va le pratiquer durant ses 4 années de collège. Mais il ne s’arrête pas là, il pratique aussi la natation depuis 5 ans. Il veut tout simplement vivre, dans la mesure du possible, comme ses amis. C’est pourquoi il fait ces différentes activités sportives avec des valides.

Son énergie débordante et sa volonté d’être autonome l’ont tout naturellement conduit à devenir scout marin d’Europe depuis maintenant 4 ans. « C’est pour moi une joie de naviguer, de camper et de vivre en groupe dans la nature. Ce sont autant d’expériences qui m’ont permis de me faire plaisir, d’avoir confiance en moi, de me dépasser et d’accepter mes limites. »

Une personnalité comme celle de Paul et son parcours font que sans le vouloir, il s’est fait remarquer. Et c’est ainsi qu’une responsable académique d’une association des parents d’élèves de l’enseignement libre, Nathalie Gaspard, a eu vent de ce jeune homme. Elle a pris contact avec les parents de Paul, Florence et Nicolas Bureau, pour leur proposer que leur fils soit un ambassadeur de la différence avec 18 autres jeunes valides et handicapés de l’hexagone. Ils ont accepté l’idée et Paul a défendu sa candidature avec brio puisque qu’il partira du 5 au 20 septembre pour Rio à l’occasion des Jeux paralympiques.

C’est l’union générale sportive de l’enseignement libre qui est à l’origine de ce projet d’animation éducative qu’elle a intitulé Solida’Rio. Il a été proposé à l’ensemble des établissements catholiques et il a pour but une démarche d’inclusion. Durant son séjour au Brésil, Paul aura le plaisir d’assister aux cérémonies d’ouverture et de fermeture des Jeux et aux différentes épreuves sportives. « J’ai également l’intention de rencontrer les athlètes afin d’échanger avec eux sur leur sport, leur motivation, leur parcours… » souligne-t-il.

Favoriser l’inclusion

À son retour, Paul sera l’un des porte-paroles de ce projet visant à favoriser l’inclusion des jeunes en situation de handicap dans les écoles. Mais compte tenu de sa personnalité et du dévouement de sa famille, il est évident que le message était déjà transmis dans toutes les écoles où il a été scolarisé.

Le soutien de sa famille et les rencontres qui ont jalonné sa vie lui ont permis de s’épanouir malgré son handicap. Depuis juin dernier, il a d’ailleurs retrouvé l’espoir et le plaisir de courir puisqu’il vient de recevoir de nouvelles prothèses qui sont fabriquées à cet effet.

Katy Poirier-Vergos



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