Rochefort : hommage aux ados tués dans l’accident de bus

Publié le 10 février 2017 | Actualité | Faits divers

Il y a un an, l’enquête commençait juste après le drame

A onze heures samedi matin, à Rochefort, une cérémonie rendra hommage aux six adolescents tués le 11 février 2016 dans un accident entre leur car scolaire et un camion benne.

La cérémonie se déroulera dans l’espace vert de l’avenue William-Ponty, situé en face de l’avenue Bachelar, où a eu lieu le drame il y a un an. « Un chêne sera planté, des textes seront lus et des ballons lâchés, explique le maire, Hervé Blanché. Les proches pourront y revenir. Mais il n’y aura pas de stèle sur le lieu même de l’accident parce que dans quelques années, cet axe va disparaître. Le port de commerce, qu’il longe, va être réaménagé et les quais seront élargis. Ce serait un sacrilège de poser une stèle vouée à disparaître. »

Le drame traumatise toujours la ville. Ce jour-là, le car scolaire qui reliait l’île d’Oléron et Surgères a croisé, vers 7 h 15, un camion-benne de la société Eiffage dont la ridelle latérale était ouverte à 90 degrés, ni complètement ouverte, ni fermée. Les deux véhicules se sont croisés dans une courbe, il faisait encore nuit, il pleuvait. Le montant de la benne a littéralement cisaillé le car dans sa longueur. Une quinzaine d’adolescents étaient à bord. Six ont été tués, cinq lycéens et un collégien. Tous étaient scolarisés à Surgères. Le car empruntait cet axe de circulation pour contourner le pont qui permet aux bateaux d’accoster dans le port de commerce et qui était levé à ce moment-là.

«J’espère n’avoir jamais à revivre ça.»
« C’est toujours dans les esprits des Rochefortais, souffle Hervé Blanché, avocat de formation dont le cabinet défend les intérêts de deux familles de jeunes marqués psychologiquement. L’élu d’astreinte m’a dit qu’il ne sera pas capable de venir à la cérémonie. Et moi j’espère n’avoir jamais à revivre ça. » La procureure de la République de La Rochelle, Isabelle Pagenelle, est également très marquée par cette journée, où elle a dû égrener les noms des victimes devant les familles.

L’instruction n’est pas close
Des familles dont les avocats ont tous refusé de s’exprimer. « Mes clients tiennent à leur sérénité alors que celle-ci est de plus en plus fragile à l’approche du 11 février, a tout juste indiqué Maître Céline Tixier. Mais ils ne cherchent pas un bouc émissaire. Ils veulent connaître toutes les responsabilités. » Mais à ce jour l’instruction n’est pas encore close. Des investigations sont encore en cours, « notamment sur tout ce qui est antérieur à la prise du camion par le chauffeur, pour savoir si l’engin avait un problème technique, dévoile une source proche de l’enquête. Mais les premiers éléments disent qu’il n’y avait pas de problème technique. On se dirige plutôt vers l’erreur humaine. » Le chauffeur du camion, âgé de 23 ans, a été mis en examen pour homicides involontaires.



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