Rochefort : un an de prison pour avoir battu son ex-compagne

Publié le 15 août 2015 | Actualité | Faits divers

« J’ai pris la ceinture parce que je ne pouvais plus frapper avec les poings. J’avais mal aux mains ! »

« J’ai pris la ceinture parce que je ne pouvais plus frapper avec les poings. J’avais mal aux mains ! »

Pas de vacances pour le Tribunal de Grande Instance de La Rochelle. La chambre correctionnelle est très active. Affaires de mœurs, trafics de stupéfiants et autres misères sociales y sont jugées.

Mardi 11 août dernier, le tribunal jugeait Yannick, rochefortais de 31 ans, pour des faits de « violences habituelles et menace réitérée de crime contre les personnes ». La victime, Valérie, son ex-compagne âgée de 26 ans avait été sauvagement battue par le prévenu, le 27 juin dernier en leur domicile de Rochefort. Dans cette affaire, une chose essentielle a retenu l’attention de la cour : l’extrême violence des coups portés. À la lecture du dossier, mais surtout à la vue des photos de la victime après l’agression, le sentiment partagé par l’ensemble des intervenants (même par l’avocat de l’accusé…) était : « Cela fait froid dans le dos ». Le procureur de la République, une femme d’une trentaine d’années, insistait d’ailleurs lors de son réquisitoire sur l’état de la victime : « Vous l’avez frappée à coups de poing et de pieds. Puis vous avez continué avec votre ceinture. La victime est couverte d’hématomes et de plaies saignantes du sommet du crâne jusqu’aux pieds ». Puis elle questionnait l’agresseur : « Pourquoi la ceinture ? »

« J’avais mal aux mains ! »
Le jeune homme se levait et avec un aplomb hors du commun avançait un argument qui glaçait l’assistance : « J’ai pris la ceinture parce que je ne pouvais plus frapper avec les poings. J’avais mal aux mains ! » À l’instar du tribunal et de l’avocat de la défense, le procureur reprochait à l’accusé d’avoir frappé son ex-compagne de nombreuses fois « quasi quotidiennement », durant leurs six années de vie commune. Le prévenu s’en défendait par la voix de son avocat : « Vous n’avez aucune preuve de violences antérieures, ni même de témoignages d’amis ou de dépôt de plainte. » Sur les faits, Yannick expliquait que tout cela était arrivé parce qu’il avait « découvert que Valérie et une amie avaient réalisé des vidéos et pris des photos coquines ». L’agresseur, de petite taille et plutôt frêle avait alors, avec le courage des hommes qui frappent les femmes, battu Valérie jusqu’au sang. Il expliquait ses gestes ainsi : « Je me suis mis en colère ! » Le procureur lui demandait s’il n’eut été « plus simple de quitter la pièce en attendant de se calmer ».

Cette sordide agression était aussi un triste révélateur de ce genre d’affaires. « Valérie m’envoie des vêtements et des provisions en prison », précisait l’agresseur. L’avocate de la victime affirmait quant à elle que sa cliente considérait « Yannick comme un bon père ». Un fils âgé aujourd’hui de sept mois est né de leur amour. « Je l’aime. C’est même moi qui l’ai en partie aidé à sortir du ventre de sa mère », répondait l’accusé au président qui lui demandait pourquoi avoir menacé, le jour des faits, de « laisser son fils mourir de faim » si sa victime quittait le domicile. Le procureur rappelait que souvent, dans ce type d’affaires, « il y a un attachement de la victime à l’égard de l’agresseur ». Elle requérait une peine 18 mois d’emprisonnement et demandait au prévenu : « Jusqu’où irez-vous la prochaine fois, la mutilation ? »
Un an d’emprisonnement était prononcé à l’encontre de l’agresseur. Mais une question avait au préalable été posée par l’avocat de Valérie : « Mais que se passera-t-il à sa sortie de prison ? Il faut protéger la victime ! »



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