St-Cyr-du-Doret : une chèvre pour désherber sans pesticides

Publié le 1 août 2017 | Chez nous | Marans - Courçon et alentours

Biquette aide les agents communaux à désherber

À Saint-Cyr-du-Doret, c’est Biquette qui remplace les produits phytosanitaires, désormais interdits.

Il n’est guère dans les habitudes de la commune de Saint-Cyr-Du-Doret de défrayer la chronique. Non pas que dans ce bourg peuplé de 650 âmes et niché aux confins du nord Aunis, il ne s’y passe rien, mais lorsque la difficulté survient, on préfère se débrouiller avec les moyens du bord.

Pourtant, l’action menée récemment par les deux agents des services techniques communaux pourrait bien projeter ce petit village sur le devant de la scène. Retour sur une simple boutade, mais pas dénuée de certains messages.

Tout d’abord il y a le grand classique : l’inénarrable baisse des dotations de l’État. Saint-Cyr-du-Doret n’échappe pas à la règle et a vu les siennes fondre comme neige au soleil. Moins 18 000 euros environ en quatre ans. Malgré tout, les finances sont saines avec un taux d’endettement de seulement 135 euros par habitant. Et puis il y a cette fameuse loi en vigueur depuis le 1er janvier de cette année qui interdit l’utilisation des pesticides dans les espaces publics. Là aussi, la commune a dû composer avec.

Pas assez de sous pour des renforts
Mais ce n’est pas si simple au regard de la géographie de cette dernière. “Nous sommes en fait un regroupement de bourgs et de hameaux sur une superficie totale de 1 707 hectares. Nous n’avons que deux agents pour entretenir la commune et ils le font très bien“, explique le maire Nathalie Boutillier.

La loi s’imposant, Daniel Meyer et Alexandre Lori ont, comme bon nombre d’agents communaux de l’hexagone, troqué leur pulvérisateur contre des binettes. “On nous a bien proposé des produits de substitution, mais ils sont beaucoup trop chers. Quant à recruter un troisième agent, nos finances ne nous le permettent pas”, continue l’édile.

« Avec Biquette, nous avons voulu marquer le coup »

Alors un brin vexés de ne plus pouvoir assumer l’entretien de l’espace public d’une façon qu’ils estiment correcte, Daniel Meyer et Alexandre Lori ont décidé dernièrement de faire un coup d’éclat. Il y a quelques jours, les deux agents ont mis en œuvre sur la commune un mode de désherbage qu’ils qualifient “d’écologique“. En l’occurrence, une brave biquette prêtée pour l’occasion par un éleveur du coin.

Une boutade, reconnaissent-ils bien volontiers. Mais elle se veut malgré tout porteuse d’un message fort. “Cette loi nous agace. On ne sait plus comment faire. Et puis les gens ne se sentent pas forcément concernés. Ils payent des impôts donc ils veulent des services en retour. La mauvaise herbe ? Et bien on l’arrache à la main, car nous n’avons plus d’autres solutions. Avec Biquette, nous avons juste voulu marquer le coup !”, lance Daniel Meyer.



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