St-Froult : la réserve naturelle veut sauver les anguilles

Publié le 6 décembre 2016 | Chez nous | Rochefort et alentours

Un ouvrage en résine à ciel ouvert, installé sur le sentier des Tannes

Un ouvrage en résine à ciel ouvert, installé sur le sentier des Tannes

Des buses à ciel ouvert sont installées pour améliorer la circulation des poissons et sauver les anguilles.

L’anguille est un animal fragile et menacé. En dix ans, la réserve naturelle Moëze-Oléron a perdu deux-tiers de la population. Pour tenter d’améliorer la situation, la LPO, gestionnaire du site, a donc lancé un vaste projet de réfection des buses, ces passages enterrés entre les fossés, pour améliorer la circulation des poissons migrateurs dans le marais, mais aussi vers l’intérieur des terres et la mer, où elle passe une partie de sa vie.

Débutés l’année dernière, ces travaux vont s’achever d’ici deux semaines environ. De nombreuses buses ont été remplacées par des ouvrages à ciel ouvert, beaucoup plus larges et lumineux que les anciennes buses, de simples tuyaux. « Le flux de passage de l’eau est plus large qu’un busage classique. Les poissons pourront passer, et ils n’auront plus de stress lié à l’obscurité et au passage étroit. Ils auront aussi moins de chances de se faire attraper par des prédateurs à la sortie de l’ouvrage », commente Nathalie Bourret, animatrice à la réserve. Ces ouvrages en résine, très résistants, ont aussi été étudiés pour supporter le poids de voitures ou de tracteurs, mais aussi pour résister aux galeries des ragondins.

2/3 de la population d’anguille disparue en dix ans
L’autre avantage de ces passages est l’installation de clenches, qui permettent de couper la circulation de l’eau ou de la rétablir, en fonction des besoins du milieu. Le dispositif ne gênera en rien les poissons migrateurs, qui pourront emprunter des passages de reptation, comprenez des tapis humides qui leur permettent de passer d’un fossé à l’autre.

Limiter les obstacles à la migration
En rétablissant une meilleure circulation de l’eau au sein du marais, et entre le bassin-versant et la mer, la réserve offrira de meilleures conditions de vie aux poissons migrateurs. « L’anguille est menacée par la destruction des zones humides en général, mais aussi par la pollution, le braconnage et la surpêche. Ici, on essaye de limiter les obstacles à la migration », indique Nathalie Bourret.

La LPO compte d’ailleurs sur cette action pour le suivi scientifique qu’elle effectuera dans les prochaines années. Les gestionnaires de la réserve dresseront un inventaire qui leur donnera une idée de l’évolution des populations. « Ça nous permettra de mesurer l’efficacité de ces ouvrages et de ce continuum écologique entre la terre et la mer, via les marais endigués de la réserve naturelle », ajoute l’animatrice.



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