St-Laurent-de-la-Prée : une ferme gauloise et un marais salant ?

Publié le 9 novembre 2016 | Le magazine de L'HEBDO | Week-end

En rose, un important dépôt de cendres issues d’un four, utilisé dans l’ancien processus de récolte du sel.

En rose, un important dépôt de cendres issues d’un four, utilisé dans l’ancien processus de récolte du sel.

Des traces d’occupation datant du néolithique à l’époque gauloise ont été retrouvées à St-Laurent-de-la-Prée, où doit être aménagé le futur parcours de golf.

C’est un site potentiellement très riche que les archéologues de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) ont mis au jour à Saint-Laurent de la Prée. Ils interviennent dans le cadre d’un diagnostic préventif, une étape obligatoire dans le projet de création du nouveau parcours de golf communautaire (lire en page 2).

Lancée fin août, la première phase de diagnostic a révélé des indices très intéressants quant au passé de cette ancienne île, aujourd’hui fossilisée. Cette zone littorale était en effet propice à l’occupation humaine, ce que les premières ouvertures dans le sol tendent à confirmer. « On a retrouvé de grands aménagements, peut-être en lien avec d’anciens marais salants », avance Stéphane Vacher, responsable scientifique de l’Inrap. Les archéologues y ont retrouvé des traces d’ateliers gaulois, notamment des rejets de cendres issues des fours qui permettaient de récolter le sel autrefois. Ces traces sont parfaitement visibles dans certaines tranchées (notre photo).

Une ferme gauloise
Autres indices intéressants pour les archéologues : la présence de nombreux fossés, dont un rectangulaire de plus de deux mètres de profondeur et d’environ 100 mètres de long, qui pouvait servir à délimiter la zone d’habitation d’une ferme gauloise. « On pourrait trouver une occupation romaine, gauloise ou pourquoi pas médiévale sur la partie sèche », explique Stéphane Vacher. Une hypothèse étayée par les objets retrouvés sur place, tels que des haches et des morceaux de vases caractéristiques. Cette occupation pourrait même être complétée par un port ou des embarcadères, mais il est encore trop tôt pour s’avancer, estime l’archéologue. Les scientifiques ont également retrouvé une sépulture qui pourrait dater de la fin du Néolithique (2 200 ans avant J.-C.), avec un corps entouré d’une couronne de pierre. Le site n’a pas encore été fouillé, mais Stéphane Vacher suppose que plusieurs autres sépultures pourraient être retrouvées aux alentours.

Peut-être des fouilles bientôt
Une fois la seconde phase du diagnostic terminée, début décembre, Stéphane Vacher transmettra un rapport au représentant de la Drac (Direction régionale des affaires culturelles), Éric Normand, qui donnera ou non son aval pour lancer une campagne de fouilles. Si c’est le cas, les archéologues auront plus de latitude pour étudier le terrain, avec des analyses plus fines de leurs trouvailles. Toujours dans ce cas-là, ce sera à l’aménageur de financer les fouilles, et son projet pourrait être modifié avec certaines contraintes, voire déplacé s’il ne veut pas financer cette campagne. Mais il faudra attendre la fin de l’année pour en savoir plus.



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