Surgères : 350 accordeurs, ça se fête !

Publié le 28 avril 2016 | Chez nous | Surgères et alentours

Les crieurs de l’Accorderie lors d’une journée festive avec le collectif des Petits Pois.

Les crieurs de l’Accorderie lors d’une journée festive avec le collectif des Petits Pois.

L’Accorderie fêtera son 350e accordeur en mai prochain. Retour sur cette association, Du Bonheur dans les Epinards, qui a presque 3 ans.

Quelque peu secoués par la décision des élus communautaires de leur accorder 2 500 € de subvention annuelle au lieu des 4 000 € demandés par l’association (lire en page 2), les accordeurs du Bonheur dans les Epinards ont décidé de poursuivre leurs projets. Ainsi, la le 28 mai prochain ils se réuniront autour d’une fête qui célébrera le 350e accordeur entré dans l’association en à peine trois ans d’existence. Cette fête, ouverte à tous -accordeurs ou non-, sera aussi le moyen de faire le point sur l’association avec une assemblée générale. « Cette journée nous permettra aussi de présenter un outil de financement qui permet de recueillir des dons défiscalisés à la manière d’une fondation ou d’une association d’intérêt public », confie Marie Marchand, salariée de l’association. La députée de la circonscription, Suzanne Tallard, sera présente lors de cette journée. Les accordeurs l’ont rencontrée il y a peu pour lui expliquer ce qu’est une Accorderie. « Elle nous a dit que c’était génial parce qu’on fait du social à pas cher », lance Pascal Dupuy accordeur et membre de la commission fête chargé de la communication.

Comment ça marche ?
Car au fond qu’est-ce que c’est une Accorderie ? C’est une association qui lutte contre l’exclusion et pour la mixité sociale en renforçant les liens de solidarité et en développant des échanges de services. Chaque accordeur propose une activité qu’il maîtrise (tricot, peinture, yoga…) aux autres accordeurs, ce qui lui permet d’inscrire des heures dans son compte temps. Il peut alors bénéficier des services offerts par un autre membre de l’association. Le temps devient une monnaie. « 7 000 heures ont été échangées entre les accordeurs depuis sa création », commente Marie Marchand.

L’Accorderie de Surgères compte des membres issus de la communauté de communes Aunis Sud à 87 %, avec une grosse majorité de Surgériens (130 personnes). Les autres accordeurs viennent de Bernay-St-Martin, Rochefort ou encore Mauzé-sur-le-Mignon. La moitié d’entre eux sont actifs, l’autre moitié est représentée par des retraités ou des personnes à la recherche d’un emploi.

« Développer  le pouvoir d’agir »
Pour gérer ces comptes temps ou encore animer les temps collectifs, l’association compte 2 salariés à temps partiel. Les accordeurs prennent le relais de ces deux salariés durant leurs vacances par exemple, ce qui représente 1,5 équivalent temps plein en plus. Eux, sont par contre rémunérés sur leur compte temps.

« Nous avons une réelle utilité sociale, reprend Marie Marchand. Les activités permettent le développement du pouvoir d’agir, la montée en compétences des personnes qui ne sont pas reconnues dans le système classique et la confiance en soi ». A l’image de la “criée“ comme l’explique Marion Gabe, salariée de l’Accorderie, qui a amené ce concept avec elle : « Des crieurs interviennent lors de nos soirées conviviales, par exemple, et passent des messages oralement au milieu des accordeurs ». Cela peut-être une demande de compétence, un message personnel… Ces crieurs sont eux-mêmes accordeurs, car tous s’impliquent d’une manière ou d’une autre dans l’association selon leurs savoir-faire. « Nous sommes complémentaires de ce qui existe déjà sur le territoire comme le centre d’animation et de citoyenneté (CAC) », souligne Marie Marchand. En résumé l’Accorderie est « un outil qui permet de créer du lien mais aussi d’améliorer le quotidien des personnes qui sont exclues, pour certaines, du système classique de notre société ». Car à l’Accorderie, ce sont les compétences qui sont reconnues, quelles qu’elles soient.

Carine Fernandez



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