Surgères : un collectif d’habitants à Yolande

Publié le 3 mai 2016 | Chez nous | Surgères et alentours

Collectif d’habitants : Catherine, Martine, Sylvie (animatrice du Cac) et Omar préparent de futurs chantiers pour recréer du lien à “Yolande”.

Collectif d’habitants : Catherine, Martine, Sylvie (animatrice du Cac) et Omar préparent de futurs chantiers pour recréer du lien à “Yolande”.

Inscrite dans une démarche de dialogue entre le bailleur Habitat 17 et la Ville, une poignée d’habitants de “Yolande” a décidé de se réunir sous la forme d’un collectif. Ils sont soutenus par la mairie, le Cac et Surgères Accueille.

« Notre priorité est d’agir sur le cadre de vie », insiste Omar, membre fondateur du collectif. Les raisons à cette création concernent en premier lieu les relations jusque-là difficiles entre le bailleur et les habitants du quartier. « Nous sommes restés 6 mois sans lumière dans l’escalier, malgré plusieurs demandes faites auprès du gardien », abonde Martine, membre, elle aussi, du collectif. Elle n’est pas seule à déplorer une situation et un cadre de vie difficiles. D’autres se plaignent du manque d’hygiène du local des poubelles, ressort du bailleur, qui jusque-là ne répondait pas aux sollicitations des habitants.

Une campagne de travaux a bien eu lieu en 2014 au titre de la réhabilitation des logements construits au début des années 70. Les habitants ont relevé un certain nombre de malfaçons, une isolation phonique des appartements qui n’a pas été prise en compte lors des rénovations malgré les demandes des résidents. Résultat, avec la vie moderne et ses équipements, des tensions perdurent entre locataires. Autre sujet, des baisses de consommation d’énergie devaient être au rendez-vous avec l’effet des travaux. Or les habitants ne constatent que peu de changement. Les loyers ont depuis augmenté de 10 % : « tout le monde doit comprendre que c’est l’argent de tous qui a été investi dans ces rénovations, même ceux qui sont allocataires ou n’habitent pas le quartier », souligne Omar, agacé du regard de l’extérieur qui pèse sur eux. De tout cela, il en a été question le 26 avril, lors d’une rencontre entre le Collectif et Habitat 17. Les parties communes à la charge du bailleur et les incivilités qui y règnent, le souhait d’une présence plus importante du gardien (absent à partir de 17 h et les week-ends) ont été les sujets également évoqués.

Des réponses urgentes sont attendues
Mais c’est la position du bailleur qui les a laissés quelque peu abasourdis. Il leur a été demandé, selon Omar, d’apporter les preuves des incivilités en prenant leurs auteurs en flagrant délit : « Mais les habitants ne sont pas les représentants de l’ordre. C’est le rôle de la Gendarmerie et de la Police municipale, nous ne pouvons pas faire cela », s’agace Omar, dépité.

Le Collectif sait que la tâche ne sera pas aisée mais chacun a envie de faire bouger les choses pour une amélioration de la vie au sein du quartier qui pâtit de l’image dégradante d’une cité HLM. Les incivilités, même si elles se font un peu plus rares, s’ajoutent au ras-le-bol des habitants. Le sentiment d’insécurité qui en découle est aussi au centre des préoccupations de chacun. « Le pire, c’est que ceux qui stagnent dans les escaliers n’habitent pas le quartier », confie une habitante. D’autres habitants dénoncent les seringues trouvées sur le parc où jouent les enfants. « Ces incivilités renforcent le sentiment d’abandon », soutient Elie Dubois, président de Surgères Accueille. Ici on a peur pour sa voiture, pour sa sécurité depuis que les nouveaux équipements de sécurité installés sur les portes, en bas des cages d’escalier, ont été endommagés.

Côté actions, le groupe de travail constitué depuis février est à pied d’œuvre. Tous ont bien pris conscience de la charge qui leur incombe. Recréer du lien avec le bailleur, soit, mais entre les habitants aussi. Pour cela il leur faut maintenant étoffer ce groupe pour diversifier les idées à mettre en place. L’urgence là aussi semble de mise : « Des locataires ne se disent pas bonjour lorsqu’ils se croisent, ils se murent dans leur isolement », constate Catherine, 40 ans de vie dans une cité parisienne et membre du Collectif. « Les gens pensent que l’on va se mêler de leurs affaires, mais pas du tout ! ».



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