Télé : entretien avec B. Campan et V. Lemoine

Publié le 17 février 2015 | Week-end

Peu avant la projection, l’équipe du film, le maire Hervé Blanché et l’adjointe à la culture Florence Lecossois ont tenu un discours devant le public. Deux salles ont été nécessaires pour loger tout le monde. (photo Ville de Rochefort)

Peu avant la projection, l’équipe du film, le maire Hervé Blanché et l’adjointe à la culture Florence Lecossois ont tenu un discours devant le public. Deux salles ont été nécessaires pour loger tout le monde. (photo Ville de Rochefort)

Le téléfilm « La Boule Noire » tourné en Charente-Maritime sera diffusé sur France 3 mardi 17 février à 20h50. Retour sur notre entretien avec Bernard Campan et Virginie Lemoine lors de l’avant-première en décembre dernier au cinéma l’Apollo à Rochefort.

L’Hebdo : on a l’habitude de vous voir dans des rôles amusants, mais là, vous jouez un rôle dramatique. Cela vous plaît-il ?
Bernard Campan : Oui, pas forcément jouer un rôle dramatique mais jouer dans un bon film, un bon scénario et aller à la rencontre d’un personnage complexe, pas forcément proche de ce que je suis moi. Mais enquêter pour me rapprocher le plus possible de ce personnage, c’est assez excitant.
Virginie Lemoine : C’est tout à fait jouissif, c’est très exaltant. J’ai sauté un jour d’une case à l’autre grâce à un réalisateur qui cherchait une actrice pour jouer une femme qui avait une grossesse dépressive, c’est-à-dire qu’elle ouvrait la porte de son frigo et tout à coup, elle fondait en larmes. Rien de comique dans ce rôle, mais il s’est dit pour avoir cette espèce de fragilité un peu étonnante, il faut que je cherche du côté des comédiens. C’est comme ça que j’ai eu le rôle et ça a bouleversé ma vie.

Comment avez-vous appréhendé cette histoire, qui se passe dans les années 1950 aux États-Unis et transposée dans les années 1970 dans une petite ville comme Rochefort ?
B. C. : Le temps ne fait rien à l’affaire, comme dirait l’autre. Ce n’est pas le temps, mais qu’est-ce qui pousse cet homme-là à vouloir entrer dans ce cercle de notables, et qu’est-ce qui fait qu’il souffre de ne pas pouvoir y entrer. C’est un immigré, moi, je ne suis pas immigré : comment me rapprocher le plus possible de cette histoire ? J’ai pensé à l’époque, pour comprendre, à mon père, qui est décédé il y a longtemps maintenant, et qui avait la Légion d’Honneur et l’arborait assez fièrement, de temps en temps. Ça ne me touchait pas particulièrement, mais comme mon père me touchait particulièrement, ça m’a aidé pour me rapprocher de mon personnage.
V. L. : Je trouve que le travail d’écriture et de transposition de Jacques Santamaria est formidable. Cette histoire a pris racine aux États-Unis, elle s’ancre parfaitement dans la France profonde. On a tous eu, vu et vécu des situations similaires, avec des clubs comme ça. Pour moi c’est drôle parce que quand j’ai lu le scénario, j’ai trouvé que [mon] personnage avait une espèce de singularité. J’ai oublié le roman et j’ai lu le scénario tel quel. Je trouvais que ce personnage de femme n’était pas extraverti, elle n’est pas diserte, elle est très très attentive. Elle tient sa tribu tout en consentant à son mari le rôle vraiment du patriarche. Elle essaye au maximum d’éviter les télescopages et d’amoindrir toutes les souffrances qu’il peut avoir. Elle le protège, elle veille sur lui avec une infinie mansuétude et énormément d’amour. C’est une femme follement amoureuse et ancrée dans la réalité.

Quel souvenir allez-vous garder de ce tournage ?
B. C. : Ça a été, du début à la fin, un joli tournage. Je pense que l’ambiance du tournage tient énormément à son capitaine, c’est-à-dire son réalisateur. Denis m’avait déjà proposé, par le passé, deux autres rôles que je n’avais pas pu accepter pour diverses raisons. Et c’était la troisième fois qu’il me proposait un rôle. On s’est rencontrés, et j’ai senti vraiment quelqu’un de très doux, très humain, et le tournage a été à cette image. Ça reste dans mon Top 5 de très bons tournages.
V. L. : Magnifique, c’était vraiment pour moi une parenthèse enchantée. Tout était lisse, tout était fluide. J’ai eu un partenaire tout à fait extraordinaire, d’une très grande générosité, d’une très grande rigueur et d’une très grande attention aux autres. C’est quelqu’un qui m’a énormément touchée et qui est un comédien extraordinaire. Et puis Denis Malleval, qui est un formidable réalisateur… j’ai fait la cuisine pour toute l’équipe quand il a fait son premier court-métrage, donc je suis la première personne à l’avoir connu ! Et c’est un réalisateur, un directeur de comédiens absolument formidable. Et Jean-Baptiste Neyrac est vraiment un producteur dans le sens le plus noble du terme, un vrai producteur : quelqu’un qui prend des risques, qui va au-devant, qui est présent, qui a un regard… C’est beaucoup d’acuité, une grande intelligence et une grande culture et que demander de plus ? En plus l’hôtel était magnifique, je me suis baignée, et la directrice de l’hôtel m’appelait la grande sauterelle ! Tout était très gai.

Vous connaissiez Rochefort ?
B. C. : Non, juste à travers les Demoiselles, c’est tout, mais il y a des endroits qu’on retrouve.

Après avoir découvert Rochefort et le tournage en province, vous reviendriez y tourner, voire en province ?
V. L. : Oui, moi j’adore ça, j’adore m’ancrer dans la province. Au théâtre ce que je préfère, c’est les tournées, c’est aller en province. Tourner en province, c’est un cadeau. Ça fait une vie insolite, parce que tout à coup on ne dort pas dans son lit, on casse avec nos habitudes. On rencontre d’autres gens, d’autres modes de vie, un autre climat. On est témoins d’autres destins, et ça, c’est très plaisant et extrêmement dépaysant.

Quels sont vos projets maintenant ?
B. C. : J’ai tourné en octobre pour France 2 un beau sujet qui s’appellera “Comme les autres”, d’après le livre de Francis Perrin, un très très beau sujet. Et puis j’écris pour un long-métrage que je vais réaliser. J’écris déjà depuis très longtemps mais moi je prends mon temps. Enfin, c’est plutôt le temps qui dispose de moi, je fais les choses comme je peux. J’aimerais aller plus vite.
V. L. : J’ai écrit ma quatrième pièce de théâtre dans laquelle je vais jouer. Je ne sais pas faire autrement qu’écrire en tissant avec du drame et du rire. C’est ce qu’on appelle des comédies dramatiques. Je vais répéter à partir du mois de janvier une pièce, qui est une comédie dramatique avec un personnage qui est drôle, touchant et triste.

Voici toutes les photos du tournage au U Express de Surgères en juin dernier…

Bernard Campan (au centre), acteur central du téléfilm, accompagné de Denis Malleval (à droite), réalisateur et metteur en scène, lors du tournage à Rochefort et Echillais, sur le site du pont Transbordeur, lundi dernier
Bernard Campan (au centre), acteur central du téléfilm, accompagné de Denis Malleval (à droite), réalisateur et metteur en scène, lors du tournage à Rochefort et Echillais, sur le site du pont Transbordeur.
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