Tonnay-Charente : face au FN, comment s’allier ?

Publié le 22 décembre 2015 | Chez nous | Rochefort et alentours

Les élus semblent tous d’accord pour s’ouvrir davantage à la population, mais les rancœurs risquent d’empêcher une véritable collaboration.

Les élus semblent tous d’accord pour s’ouvrir davantage à la population, mais les rancœurs risquent d’empêcher une véritable collaboration.

Les élus tonnacquois ont débattu du résultat des élections régionales et ont proposé des solutions pour associer les habitants à la politique municipale. Mais les dissensions persistent.

C’est un fait : le Front National est en progression en France, et notamment à Tonnay-Charente. Lors des questions diverses, c’est Gérard Gibeau, conseiller d’opposition de Tonnay-Charente Autrement, qui a ouvert le sujet en évoquant la progression du parti depuis les Européennes de 2014, le qualifiant de « premier parti de Tonnay-Charente ». L’élu en a ainsi appelé à tous les conseillers pour « ne plus faire de la politique telle qu’elle est pratiquée jusqu’à présent », et a proposé d’ouvrir plus largement les commissions à son groupe d’opposition, mais aussi aux habitants.

Même demande de la part de Florence Jadot, de l’opposition Front de Gauche, qui a établi un constat similaire et demandé à ce que la majorité crée une commission “Laïcité et vivre ensemble”, composée d’un élu de chaque courant politique du conseil et d’habitants.

Problème de valeurs
Mais pour la majorité socialiste, ces deux interventions sont plutôt mal passées. D’une part, le maire Éric Authiat a mal reçu la proposition de Florence Jadot, en lui répondant qu’avant les élections municipales, c’est lui qui avait tendu la main au Front de Gauche pour faire liste commune, et non l’inverse. Ensuite, à l’adresse de l’opposition de droite, l’édile et son premier adjoint, Sébastien Bourbigot, se sont indignés des propos tenus le 8 décembre à Rochefort par Nicolas Sarkozy, qui avait proclamé « voter Rousset, voter socialiste, ou voter Front National, c’est la même chose ».

« Il y a certaines choses que je ne suis pas prêt à cautionner, réagit Éric Authiat. J’ai entendu des propos pendant la fin de campagne électorale qui étaient pour ma part inadmissibles, autant sur les valeurs que sur les individus ». Les valeurs, justement, ont été clairement remises en question par les deux élus de la majorité, Sébastien Bourbigot ajoutant « ne pas pouvoir travailler avec des gens qui adhèrent avec ces propos ».

Néanmoins, le maire a annoncé qu’un programme d’actions était déjà planifié pour faire participer les habitants à l’action municipale. Sans en dire un mot au conseil, il a assuré « qu’on sortira des murs de la mairie, on ira dehors rencontrer la population ». « Faites-le avec nous car on vous suivra », a soutenu Gérard Gibeau. De la volonté, les élus n’en manquent donc pas, mais les dissensions et les rancœurs restent tenaces. Sauront-ils les surpasser pour travailler ensemble ?



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