Tri sélectif : ce qui change dans votre poubelle

Publié le 28 décembre 2015 | Actualité | Le choix de L'HEBDO

Jean Gorioux, président de Cyclad : « C’est bien là, un changement fondamental de la vision de sa poubelle qu’il faut avoir »

Jean Gorioux, président de Cyclad : « C’est bien là, un changement fondamental de la vision de sa poubelle qu’il faut avoir »

Les agents de Cyclad ont battu la campagne de la communauté de communes Aunis Atlantique. Distribution de bacs et réunions publiques, ils sont allés à la rencontre des habitants pour leur expliquer la future modification de la collecte qui se dirige vers un mode incitatif. Jean Gorioux, le président du syndicat, fait le point sur cette première déclinaison de l’action sur notre territoire.

Quels sont les enjeux de ces réunions publiques commencées en octobre ?
Nous voulons présenter aux gens la modification de la collecte et la démarche qui nous y a conduits. Ce n’est pas une lubie du moment, cela découle de deux mandats et de la feuille de route du comité syndical en raison de la réglementation des collectes et de la modification des aides financières au tri par les éco-organismes. Du côté du tri on est très, très bon et Eco-Emballages revoit sa politique de redistribution vers les moins bons. On en profite aussi pour remettre une couche sur les consignes de tri et leur évolution, ainsi que sur le compostage. Et on se rapproche des habitants qui peuvent évoquer des aspects que nous n’avions pas anticipés.

Quelles sont les observations des habitants ?
Certains redoutent des problèmes d’odeur avec la baisse de la fréquence de passage pour les ordures ménagères, mais il s’agit souvent juste de bien fermer son sac-poubelle. Les assistantes maternelles ont peur à cause du nombre de couches, mais nous leur fournissons des bacs plus grands. Et certains craignent de ne pas pouvoir stocker les deux bacs. C’est un changement d’habitudes, de comportement pour les habitants, donc ce n’est pas facile. Nous sommes aussi accompagnés par un élu de la CDC qui explique le passage de la TEOM (taxe d’enlèvement des ordures ménagères) à la REOM (redevance d’enlèvement des ordures ménagères) mise en place à Aunis Atlantique.

Exit les sacs jaunes ou noirs dans les rues, tout le monde aura deux bacs. Pourquoi ce passage aux bacs et combien ça coûte ?
La conteneurisation est obligatoire aujourd’hui et permet de maîtriser les coûts en favorisant le tri. Nous allons distribuer 24 400 bacs aux 12 200 foyers pour Aunis Atlantique, pour un coût global de 2 millions d’euros, en comptant l’opération sur Aunis Sud.

Après la conteneurisation, vous passerez à la robotisation de la collecte. Pourquoi ?
La robotisation commencera progressivement à partir de janvier 2016 pour Aunis Atlantique. Son choix est multifactoriel. Tout d’abord, les métiers de chauffeurs et rippers sont des métiers durs et exposés. Avec les bacs il y a moins de danger pour eux. Ils sont moins exposés au fait de se couper ou de se piquer. On anticipe aussi l’apparition des troubles musculosquelettiques (TMS) avec des agents qui vont nécessairement vieillir. Cette robotisation se fait a effectif constant, nous aurons 25 % de camions en plus sur les routes mais avec seulement un chauffeur, ce qui permet de maintenir les coûts.

Qu’est-ce que cela va changer concrètement pour les usagers ?
Le rythme de présentation ne change pas, sauf que nous avons inversé la collecte des ordures ménagères et celle du tri. A partir du 1er janvier prochain pour Aunis Atlantique, ce sont les bacs de tri qui seront vidés toutes les semaines et les bacs d’ordures ménagères tous les 15 jours, contrairement à aujourd’hui. C’est bien là, un changement fondamental de la vision de sa poubelle qu’il faut avoir, et même une barrière psychologique qu’il faut dépasser en acceptant de garder plus longtemps chez soi la poubelle qui sent le plus. ça se pratique ailleurs comme dans le sud Vendée avec des résultats très probants. C’est possible et c’est nécessaire aujourd’hui.

Pourquoi ?
On doit gérer notre production de déchets. Sur le territoire de Cyclad, on produit 46 tonnes par an et l’usine de Paillé a une capacité de 26 tonnes par an. Nous avons donc 20 tonnes de déchets qui partent ailleurs, un peu à La Rochelle et le reste dans d’autres départements. Réduire nos déchets est une nécessité.

Quels sont les enjeux économiques de ce changement de collecte ?
Contenir le prix de revient de la collecte. Notamment en augmentant la vente de matériaux recyclables en en collectant plus. Et essayer de se maintenir au niveau de soutien d’Eco-Emballages. Le tout pour ne pas augmenter la facturation des services de Cyclad aux communautés de communes, car je rappelle que c’est ensuite elles qui fixent l’imposition et donc ce que payent les habitants. Et grâce au tri actuel, cette facturation n’augmentera en 2016. C’est aussi pour ça que l’on rappelle l’importance du compostage, du tri en déchetterie et qu’on redistribue le guide du tri.

Aujourd’hui Aunis Atlantique, à quand Aunis Sud et les autres secteurs ?
Pour Aunis Sud c’est programmé pour janvier 2017. Quand aux Vals de Saintonge nous ne prévoyons pas la même chose puisque l’habitat entraîne plutôt l’usage de bacs collectifs. C’est une gestion différente. L’opération a déjà commencé et s’échelonnera jusqu’à la fin 2017. ça s’organise sur le terrain avec les maires et ça marche déjà bien.

Propos recueillis par Carine Fernandez



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