Charron : un “meuil“, oui, mais sans alcool

Publié le 19 août 2016 | Chez nous | Marans - Courçon et alentours

Tout au long de l’année, ils installent leurs carrelets de pêche sur les fondations de l’ancien pont du Brault. Entre copains ils taquinent alors le “bouq“, dans l’attente de la prise du “meuil“.

Ambiance, le lundi 15 août à l’embouchure de la Sèvres : « Dans le temps on disait, « il a ramené une espèce de “meuil“ dans la musette ». C’était lorsque l’on revenait un peu éméché à la maison. Ici le “meuil“, c’est le surnom que l’on donne au mulet. Et Prosper il a intérêt à en ramener aujourd’hui ! ».

Difficile malgré tout, de garder son sérieux pour Maryvonne, l’épouse de Prosper. Depuis plus de quarante ans, le couple vient régulièrement installer le temps de la journée, ses filets de pêche sur les vestiges de l’ancien pont du Brault. Ici règne la convivialité et la bonne humeur, quoi que, le choix de l’emplacement pouvant générer des animosités. Depuis un an Patrick s’est mis à ce type de pêche pour le moins atypique. « On bricole tous nos carrelets. Le mien je peux le retourner pour le fixer sur la rambarde de la nouvelle passerelle qui enjambe la Sèvres. Juste au dessus. C’est le meilleur coin. Il est très prisé. Il y a le Vendéen qui vient avec son camping-car. Des fois il reste trois jours. Il installe même des cadenas sur les fixations de son carrelet pour ne pas perdre la place. Mais bon, il lui est arrivé certains matins de retrouver son matériel avec le câble coupé… ». Grincements de pontons mis à part, sur l’ancien Brault, on mouline inlassablement au rythme des marées et dans la quasi-bonhomie. On y arrive très tôt le matin avec sa camionnette et on commence par y traquer le “bouq“. Cette petite crevette transparente lorsqu’elle sort de l’eau et qui devient rose après cuisson. Et puis, lorsque le courant devient plus fort et que la marée monte, Prosper, son cousin Roland et tous les autres n’en ont plus alors que pour le “meuil“.
« C’est au petit bonheur la chance. Mais on ne rentre jamais bredouille. La pêche au carrelet, c’est une histoire de famille ici. La sieste l’après-midi ? Vous rigolez. On se met juste à l’ombre sous la passerelle pour manger le midi entre copains », explique Marie-Madeleine, l’épouse de Roland. Et de la logistique, en effet il en faut pour ces parties de pêche partagées en famille et entre amis. Glacière, table de camping, pliants, chariots à roulettes pour installer le carrelet tout y était ce lundi 15 août. Seul manquait à l’appel le “meuil“, qui peut-être, lui, était parti en vacances.

Prosper était donc bredouille au moment de passer à table, malgré son grand filet de 3,50 mètres de côtés et son coup de patte affûté. De leur côté Maryvonne et Marie-Madeleine, avaient fait le job avec leurs petits filets et ainsi assuré le couvert. Fières, seau de “bouqs“ à la main, quasi rempli, il ne leur restait plus qu’à les faire cuire…



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